Electricité

Eskom – South African Airways : course contre la montre pour un plan de sauvetage

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André de Ruyter et Zuks Ramasia

André de Ruyter et Zuks Ramasia © Waldo Swiegers/ Bloomberg via getty Images - Siphiwe Sibeko/ Reuters

Deux fleurons de l’économie sud-africaine à l’agonie. South African Airways de Zuks Ramasia, d’une part, et Eskom d’Andre de Ruyter, d’autre part, espèrent les faveurs de l’État dans la mise en œuvre d’une procédure de sauvetage visant à les remettre à flot. Tout ceci dans un contexte économique morose en Afrique du Sud.

Les 18 et 19 janvier, des spécialistes du sauvetage commercial se tenaient au chevet de South African Airways (SAA). La compagnie nationale, dirigée (par intérim) par Zuks Ramasia depuis juin 2019 et placée le 5 décembre dernier sous procédure de sauvetage par Pretoria, attend toujours les 2 milliards de rands (124 millions d’euros) que lui a promis le Trésor dans le cadre du processus de protection contre la faillite.

Mais l’entreprise n’est pas la seule à avoir un besoin crucial de soutien étatique. Eskom, le principal fournisseur d’électricité du pays, est lui aussi exsangue. Conséquence, deux plans de sauvetage successifs, chiffrés respectivement à 69 et 59 milliards de rands, ont été annoncés en février et en juillet 2019 par le ministre des Finances, Tito Mboweni.

Deux entreprises mêmes problèmes

Ils doivent s’accompagner d’une restructuration de l’énergéticien, sous la houlette de son nouveau DG, Andre de Ruyter, aux manettes depuis janvier. Mais Pretoria, qui voit sa dette publique se creuser (de 57 % du PIB, en 2018, à 68 %, en 2021, selon le FMI) et dont la perspective d’évolution de la note d’endettement du pays (Baa3) par l’agence de notation Moody’s est passée, en novembre 2019, de « stable » à « négative », aura-t-elle les moyens de mener à bien ces deux sauvetages parallèles ? Le troisième discours sur l’état de la nation de Cyril Ramaphosa, le 13 février, devrait permettre au président de clarifier ses intentions ; en 2019, il avait profité de l’occasion pour annoncer un plan de sauvetage pour Eskom.

Sur le papier, la situation des deux sociétés publiques est similaire : mauvais choix stratégiques, interactions politiques et corruption sous l’ère Zuma, creusement de la dette (2 milliards de dollars pour SAA, 27 milliards pour Eskom), turnover régulier aux postes clés et difficultés à accomplir pleinement leurs missions. Ainsi, tandis que les délestages se succèdent en Afrique du Sud, SAA a annulé la semaine dernière certains vols, intérieurs comme internationaux. Objectif : « Économiser de l’argent et optimiser la position de la compagnie aérienne », a déclaré SAA dans un communiqué.

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