Politique

Oman : dix choses à savoir sur le nouveau sultan Haitham Ben Tarek Al Saïd

Le nouveau sultan d'Oman Haitham Ben Tarek Al Saïd.

Le nouveau sultan d'Oman Haitham Ben Tarek Al Saïd. © Kamran Jebreili/AP/SIPA

Haitham Ben Tarek, ministre du Patrimoine et de la Culture et cousin du défunt sultan Qabous, a prêté serment début janvier comme nouveau sultan d’Oman.

1. Unanimité

Le nouveau sultan a été désigné par son prédécesseur : son nom figurait dans une enveloppe que le Haut Conseil militaire a ouverte après la mort de Qabous Ben Saïd, décédé le 10 janvier. Cette instance a ensuite demandé l’avis du Conseil de la famille régnante, qui a validé ce choix. Le tout en moins d’une journée.

2. Fils de

Son père, Sayyid Tarek Ben Taimur Al Saïd, a assumé de 1970 à 1972 les fonctions de Premier ministre. Des différends l’ayant opposé à Qabous, celui-ci décida par la suite d’endosser lui-même ce rôle.

3. Influence

Oman occupe une position stratégique dans le détroit d’Ormuz. Haitham a déjà rencontré le ministre iranien des Affaires étrangères, ainsi que le président yéménite en exil et Kaïs Saïed, le chef de l’État tunisien. Il s’est aussi entretenu avec d’autres têtes couronnées : le roi de Jordanie, l’émir de Bahreïn et celui du Koweït.

4. Oxford

Boris Johnson, le chef du gouvernement britannique, son ministre de la Défense et le prince Charles se sont rendus à Oman dès le lendemain de l’annonce du décès de Qabous, qui, pendant plus d’un demi-siècle, a été un précieux allié de Londres au Moyen-Orient. La nomination de Haitham, qui est diplômé d’Oxford et membre de l’Anglo-Omani Society, rassure les Britanniques.

5. Fou de foot

Il suit avec passion la Premier League anglaise et a dirigé l’association de football que Qabous a fondée en 1978. Grâce à lui, celle-ci a pu intégrer les instances mondiales du football.

6. Diplomate

Contrairement à de nombreux membres de la famille régnante, le nouveau sultan n’a pas reçu d’éducation militaire. Pendant une vingtaine d’années, il a occupé plusieurs postes au ministère des Affaires étrangères, avant de se voir confier le portefeuille du Patrimoine et de la Culture, en 2002. Son rôle a oscillé entre diplomatie et protocole : ces dernières années, il a œuvré en coulisses à maintenir des relations avec Damas.

7. Buzz

À peine intronisé, il a fait le buzz : une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux le montre ignorant la main tendue de Mohammed Ben Zayed, le prince héritier d’Abou Dhabi. De nombreux internautes ont cru à une rebuffade qui allait déboucher sur une crise diplomatique. En réalité, il s’agit d’une coutume omanaise signifiant que l’hôte est attristé du départ de son invité.

8. Business

Proche du monde des affaires, il a investi dans des projets immobiliers. Son nom est associé à Blue City, un projet de ville nouvelle estimé à 20 milliards de dollars, qui s’est soldé par un échec.

9. Continuité

Dans sa première allocution, il a assuré qu’il poursuivrait la politique (souvent qualifiée de pacifique) de son prédécesseur. Qabous avait en effet préféré ne pas participer à l’opération Tempête, au Yémen, contrairement aux autres membres du Conseil de coopération des États du Golfe. Il avait aussi favorisé le dialogue entre Washington et Téhéran en 2011, puis entre Saoudiens et rebelles houthis, en 2019.

10. Défis

Le chômage des jeunes, le déficit budgétaire et la dette publique seront les principaux défis de Haitham. Déjà, en 2013, il avait été nommé à la tête du programme Oman Vision 2040, censé répondre aux aspirations du peuple après les manifestations de 2011.

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