Diplomatie

G5 Sahel : conciliabules à huis clos entre Emmanuel Macron et ses pairs sahéliens

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Le président français Emmanuel Macron et ses pairs sahéliens IBK, Roch Marc Christian Kabore, Mahamadou Issoufou, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et Idriss Deby, lors d'une réunion sur le G5 Sahel à Pau, le 13 janvier.

Le président français Emmanuel Macron et ses pairs sahéliens IBK, Roch Marc Christian Kabore, Mahamadou Issoufou, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et Idriss Deby, lors d'une réunion sur le G5 Sahel à Pau, le 13 janvier. © Regis Duvignau/AP/SIPA

Lutte contre le terrorisme, présence des troupes françaises, zone des trois frontières, engagement militaire américain… Le président français et ses homologues sahéliens ont abordé plusieurs sujets lors de leur réunion à huis clos, à Pau.

Emmanuel Macron, qui avait heurté ses homologues du G5 Sahel en décembre 2019 en leur enjoignant de « clarifier » leur position à l’égard de la France, a pris soin de déminer le terrain avant de les accueillir à Pau, le 13 janvier. Après sa visite officielle en Côte d’Ivoire, sa brève escale à Niamey, le 22 décembre, au cours de laquelle il a rendu hommage aux 71 soldats nigériens tués quelques jours plus tôt à Inatès, a été appréciée. Le président français a ensuite téléphoné à chacun de ses hôtes avant de les retrouver à Pau.

Lors de leur huis clos, lui et ses pairs sahéliens – Idriss Déby Itno, Roch Marc Christian Kaboré, Ibrahim Boubacar Keïta, Mahamadou Issoufou et Mohamed Ould Ghazouani – se sont, selon un participant au sommet, « parlé avec franchise », évoquant notamment « la gestion de leurs opinions respectives ».

Points de vue divergents

Macron a indiqué à ses homologues qu’il n’écartait pas l’éventualité d’un désengagement progressif de ses troupes en cas d’absence de résultats militaires et politiques tangibles d’ici à six mois. Enfin, les six chefs d’État ont réglé les derniers points de leur déclaration commune, dont l’essentiel avait été rédigé conjointement avant le sommet.

Alors que Macron, Issoufou et Déby Itno souhaitaient désigner l’État islamique dans le Grand Sahara comme « ennemi prioritaire », Kaboré et IBK militaient pour que ce vocable regroupe l’ensemble des groupes jihadistes sahéliens. Le président tchadien s’est redit prêt à envoyer un bataillon d’environ 800 hommes dans la zone « des trois frontières » sous réserve d’un soutien financier, qui pourrait être apporté par la Cedeao ou l’UE.

Par ailleurs, l’appel à la poursuite de l’engagement militaire des États-Unis au Sahel a été suggéré par les Français à la dernière minute. Selon une source élyséenne, les Américains ont des « capacités militaires cruciales, auxquelles nul ne peut se substituer » dans la région, surtout en matière de renseignement. Plusieurs responsables français, comme Florence Parly, la ministre des Armées, et Franck Paris, le conseiller Afrique de Macron, se rendront d’ici à la fin de janvier à Washington pour tenter de convaincre leurs homologues américains de rester pleinement engagés au Sahel.

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