Politique

Cameroun : boycotter les élections locales ? La question divise l’opposition

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Mis à jour le 22 janvier 2020 à 14h55
L’opposant John Fru Ndi, patron du SDF, souhaite que son parti prenne part aux élections.

L’opposant John Fru Ndi, patron du SDF, souhaite que son parti prenne part aux élections. © MABOUP

Alors que plusieurs partis d’opposition comme le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) et le Cameroon People’s Party (CPP) ont décidé de ne participer au double scrutin du 9 février, d’autres estiment que le boycott n’est pas une option raisonnable.

Le double scrutin législatif et municipal du 9 février se tiendra sans le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), de Maurice Kamto. Arrivé en deuxième position lors de l’élection présidentielle d’octobre 2018, l’opposant a motivé son appel au boycott par la persistance des violences dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Il a appelé « l’ensemble des Camerounais qui souhaitent véritablement la refondation du pays à rejoindre la seule voie qui peut [leur] permettre de l’obtenir : celle de la transition politique, démocratique et non violente ». Le MRC a été rejoint par le Cameroon People’s Party (CPP), d’Edith Kahbang Walla, et par des figures influentes de la société civile telles que l’avocate Alice Nkom.

Trouver une issue au problème

Plusieurs partis d’opposition présentant des noms aux deux scrutins pourraient finalement jeter l’éponge. Le Social Democratic Front (SDF), de John Fru Ndi, est ainsi dans une position inconfortable : il a des candidats déclarés, mais sa base, essentiellement localisée dans les régions anglophones et à Douala, est majoritairement acquise au boycott.

Nous ne pouvons arrêter la guerre que si nous sommes représentés dans les institutions

Quant à ses dirigeants, ils militent pour un report des élections, considérant que le processus de paix a été suspendu par la convocation du corps électoral. Le SDF demande au gouvernement de tout mettre en œuvre pour trouver une issue au problème, mais refuse d’en faire une condition à sa participation au scrutin. Pour Joshua Osih, le vice-président du parti, le boycott n’est pas une option raisonnable : « Nous ne pouvons arrêter la guerre que si nous sommes représentés dans les institutions. »

Escarmouches

Déposer les listes ne suffira pas. Encore faudra-t-il survivre aux escarmouches d’avant-vote… Convoqué au Tribunal criminel spécial le 23 janvier pour des soupçons de détournement d’argent public, Jean-Jacques Lengue Malapa, le maire sortant de Douala 1er (candidat à sa réélection), se serait bien passé de cette publicité négative.

Autre exemple : s’agissant des élections municipales, le Tribunal administratif de Douala a invalidé l’ensemble de la liste dirigée par Joshua Osih, candidat SDF dans la commune de Douala 1er, sous prétexte qu’un colistier, transfuge du parti au pouvoir, ne s’était pas acquitté de ses cotisations avant d’en démissionner. Le 16 janvier, la Cour suprême l’a finalement réhabilitée, mais il s’en est fallu de peu !

Quelques jours plus tôt, le SDF s’était étonné, devant la justice, que le juriste Hervé Nkom, troisième sur la liste du RDPC à Douala, puisse se présenter alors qu’il détenait la nationalité française. La candidature de Nkom a été invalidée, mais le reste de la liste a été retenu.

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