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Cet article est issu du dossier «Royaume-Uni - Afrique : vers un New Deal»

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Économie

Royaume-Uni – Afrique : le secteur privé en première ligne

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Un guichet de British Airways à laéroport de Mobasa, au Kenya (photo d'illustration)

Un guichet de British Airways à laéroport de Mobasa, au Kenya (photo d'illustration) © SCHALK VAN ZUYDAM/AP/SIPA

Les groupes britanniques sont présents dans l’ensemble des secteurs sur le continent, notamment le domaine extractif et la finance.

Les réseaux d’affaires britanniques en Afrique ne sont peut-être plus aussi denses qu’au temps de l’Empire, mais ils n’en restent pas moins efficaces dans certains pays. Comme au Kenya, par exemple, où une soixantaine de compagnies significatives sont très actives, de Barclays à British Airways, en passant par Standard Chartered, Diageo ou BG Group. Mais ces entreprises font face à un contexte bien plus concurrentiel que par le passé, alors que les perspectives du Brexit brouillent les cartes jusqu’alors établies.

« Nous disposons de l’expertise et des technologies nécessaires pour réaliser les projets les plus complexes, ainsi que des outils financiers pour soutenir nos échanges commerciaux. Nous devons seulement être mieux coordonnés et organisés. À l’exemple des Chinois », affirme Nick O’Donohoe, PDG de CDC Group, l’une des plus anciennes institutions financières de la planète.

Cotation londonienne

C’est dans ce dessein qu’en 2017 le Département britannique du commerce extérieur a mis en place une équipe spécialisée dans les relations avec l’Afrique pour mieux soutenir les entreprises de toutes tailles qui cherchent à s’implanter sur le continent. « Le secteur privé veut connaître les marchés sur lesquels il se rend, les environnements locaux qu’il y rencontrera », explique Emma Wade-Smith, commissaire au commerce pour l’Afrique.

Si les groupes britanniques sont présents dans l’ensemble des secteurs, la moitié de leurs investissements se concentre sur le domaine extractif et un tiers sur la finance.

Mon gouvernement voit le Maroc comme une porte d’entrée sur le marché africain

Plus d’une centaine de compagnies minières, contrôlant une large part du domaine africain dans l’or, le charbon et le cuivre, sont cotées au London Stock Exchange. Elles travaillent dans 37 pays du continent et contrôlent 1 000 milliards de dollars en valeurs foncières et minérales. « Le Royaume-Uni reste un partenaire incontournable pour développer les projets miniers et les infrastructures nécessaires », assure Emma Wade-Smith. Il l’est également dans le secteur financier, même si le Brexit promet de redistribuer, à terme, certains rôles jusqu’alors tenus par la place de Londres.

Face à ce futur chargé d’incertitudes, les compagnies britanniques veulent s’appuyer sur les pays où elles sont solidement implantées, comme l’Afrique du Sud – leur premier partenaire économique sur le continent –, le Kenya ou le Nigeria pour étendre leurs marchés. Même si elles doivent pour cela changer leur perception de certains pays. « Le Maroc a longtemps été vu comme exotique », confirme Thomas Reilly, ambassadeur du Royaume-Uni à Rabat.

Aujourd’hui, les domaines de collaboration sont multiples, dans l’aéronautique ou les énergies vertes, alors que la City porte un œil attentif sur l’émergence du centre financier de Casablanca. Un « accord de continuité » a d’ailleurs été signé très rapidement entre les deux pays, au lendemain de la sortie du Royaume-Uni de l’UE. « Nous souhaitons vraiment amener notre relation à un niveau supérieur, car mon gouvernement voit le Maroc comme une porte d’entrée sur le marché africain », assure le diplomate britannique.

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