Politique

[Tribune] Cameroun : la diaspora, ennemie de l’intérieur

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Journaliste spécialisé sur l'Afrique subsaharienne, il s’occupe particulièrement d’Afrique centrale, de l’Union africaine et de la diversité en France. Il se passionne pour les Grands reportages et les coulisses de la politique.

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Des manifestants de la diaspora camerounaises se font disperser avec des canons à eau alors qu'ils protestent devant l'hôtel où réside Paul Biya, à Genève, le 29 juin 2019.

Des manifestants de la diaspora camerounaises se font disperser avec des canons à eau alors qu'ils protestent devant l'hôtel où réside Paul Biya, à Genève, le 29 juin 2019. © MARTIAL TREZZINI/AP/SIPA

Les échanges d’amabilités se poursuivent entre Paul Biya et ses compatriotes vivant à l’étranger. Le président camerounais n’a de toute évidence pas digéré les manifestations d’activistes émaillées de violences organisées lors de ses récents séjours en Europe.

Il en a encore parlé dans son traditionnel discours du 31 décembre, critiquant le « comportement excessif de certains de [ses] compatriotes de la diaspora – qu’ils soient ou qu’ils ne soient plus camerounais » : « Je pense qu’ils devraient, par patriotisme, s’abstenir de propos négatifs à l’égard de leur pays d’origine, a ajouté Paul Biya. On doit toujours respecter sa patrie, ses institutions et ceux qui les incarnent. » Le chef de l’État a eu beau faire un effort de pédagogie, il est peu probable que ses propos contribuent à apaiser ses relations avec ses détracteurs.

Il faut dire qu’en opérant une distinction entre ceux qui sont camerounais et ceux qui ne le sont plus, il crée une catégorie de citoyens de seconde zone. Alors que le Cameroun ne reconnaît pas la double nationalité, ceux qui en ont acquis une nouvelle et ont, de ce fait, perdu celle qu’ils avaient à l’origine – ou qui y ont renoncé –, avec tous les droits y afférents, n’en sont pas moins soumis, selon le président, à l’obligation de se montrer patriotes. Autrement formulé, ils n’ont aucun droit, mais des devoirs !

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