Mode

« The New Black Vanguard » : les photographes de mode noirs donnent le ton

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Mis à jour le 13 janvier 2020 à 15h29
Couverture de « The New Black Vanguard », de Antwaun Sargent.

Couverture de « The New Black Vanguard », de Antwaun Sargent. © DR

Critique d’art américain, Antwaun Sargent a réuni dans un livre les clichés de photographes noirs que le monde de la mode s’arrache.

Antwaun Sargent en a l’intime conviction. Un nouveau courant photographique est né. Celui d’« une communauté internationale de jeunes photographes noirs qui joue un rôle décisif à la fois dans le monde de la mode et de l’art grâce à des clichés dont la beauté évoque un acte de justice sociale ».

Parmi la quinzaine de photographes que Sargent invite à découvrir, la Londonienne d’origines jamaïcaine et nigériane Nadine Ijiwere, première femme noire de l’histoire à avoir réalisé la couverture de Vogue, en 2016, la Suisso-Guinéenne Namsa Leuba, les Nigérians Stephen Tayo et Daniel Obasi, les Africains-Américains Arielle Bobb-Willis, Adrienne Raquel et Micaiah Carter, le Sud-Africain Jamal Nxedlana ou le Britannique-Ghanéen Campbell Addy.

Revue de mode iconique

La majorité de ces photographes sont des milléniaux, collaborent avec les revues de mode et de photographie les plus branchées, comptent des milliers d’abonnés sur Instagram et côtoient les artistes de leur génération, tous domaines confondus. C’est avec la couverture de Vogue de septembre 2018, sur laquelle pose la superstar Beyoncé, devant l’objectif de l’Africain-Américain Tyler Mitchell, qu’Antwaun Sargent instruit son propos.

À cette date, Tyler Mitchell a tout juste 23 ans et vient de faire son entrée dans le club très fermé des photographes de mode de Vogue – tels Mario Testino et Patrick Demarchelier.

Critique d’art américain, Antwaun Sargent a réuni dans un livre les clichés de photographes noirs que le monde de la mode s’arrache.

Critique d’art américain, Antwaun Sargent a réuni dans un livre les clichés de photographes noirs que le monde de la mode s’arrache. © Instagram Sirsargent

Selon Sargent, le travail de Tyler Mitchell permet non seulement de rappeler que, bien avant lui, quelques photographes noirs ont également vu leur travail publié dans la bible de la mode (comme son contemporain l’Éthiopien-Américain Awol Erizku, ou Gordon Parks dès les années 1940 !) mais sans jamais avoir eu accès au graal de la couverture. Il permet aussi de constater que la revue de mode iconique intègre désormais la représentation de la beauté noire dans son canevas. Une révolution.

Témoins de l’existence noire

Au-delà de Vogue, ceux qu’Antwaun Sergent réunit sous le nom de « nouvelle avant-garde noire » utilisent leur objectif pour témoigner de l’existence noire « en explorant race, genre et désir » d’une façon inédite. Ils démontrent que « le créateur noir est devenu un nouvel idéal pour la culture contemporaine ».

L’introduction se poursuit à travers un aperçu des espaces alloués aux photographes noirs – et à leurs modèles – au cours de l’histoire : du portrait de Frederick Douglass par Samuel J. Miller au milieu du XIXe siècle aux revues de mode contemporaines comme Allure ou i-D, en passant par les portraits de Malick Sidibé ou des publications telles qu’Ebony et Jet. Si Sargent met de côté l’exhaustivité analytique pour défendre son constat, c’est que l’ensemble des superbes photos constituant la majeure partie de son livre y suffit largement.

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