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Cet article est issu du dossier «En Algérie, le président Abdelmadjid Tebboune désormais seul maître du jeu»

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Entreprises & marchés

Algérie : après les purges, les patrons dans l’expectative face au nouvel exécutif

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Dans un climat d’affaires crispé et suspicieux marqué par une série de méga-procès pour corruption, le monde de l’entreprise algérien attend beaucoup de la nouvelle équipe gouvernementale.

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En 2017, Abdelmadjid Tebboune avait déclenché l’ire de Saïd Bouteflika lorsqu’il avait soufflé aux officiels français, lors d’une visite à Paris, avoir le soutien de l’armée pour succéder au président à la tête du pays.

Son départ était déjà acté depuis qu’il avait affiché la volonté de s’attaquer aux prébendes des entrepreneurs affidés au pouvoir. Quelques jours plus tard, le conseiller tout-puissant l’obligeait à quitter son poste de Premier ministre.

Le 12 décembre, au terme d’un scrutin dont la majorité des Algériens ne voulaient pas, sa prédiction s’est finalement accomplie. L’élection d’Abdelmadjid Tebboune, 74 ans, clôt une année folle en Algérie, marquée par la démission forcée en avril d’Abdelaziz Bouteflika – poussé vers la sortie pour avoir voulu briguer un cinquième mandat – et une mobilisation du peuple, qui n’a cessé de réclamer un changement de régime.

Adoubé par Gaïd Salah, le chef d’état-major de l’armée – décédé le 23 décembre dernier – , l’ancien obligé promet d’ouvrir une nouvelle page pour le pays. Comme gage de sa bonne foi, il peut se prévaloir durant son passage éphémère à la primature d’avoir croisé le fer avec l’entrepreneur alors le plus puissant d’Algérie, Ali Haddad, aujourd’hui en prison. Et il entend poursuivre le ménage entamé dans les écuries du système.

Car, depuis plus de neuf mois, c’est la chasse aux sorcières chez les politiques et dans les milieux des affaires. Deux jours avant le vote, l’épilogue du premier grand procès post-Bouteflika voyait deux anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, condamnés respectivement à quinze et douze ans de prison pour favoritisme dans le secteur de l’automobile.

Dans un autre volet du procès, Abdelmalek Sellal a également été condamné pour financement occulte de la campagne pour un cinquième mandat de Bouteflika.

Des manifestants tenant une banderole où sont représentés en détenus Saïd Bouteflika, Abdelmadjid Sidi Saïd, Ali Haddad et Ahmed Ouyahia, le 15 mars, à Alger.

Des manifestants tenant une banderole où sont représentés en détenus Saïd Bouteflika, Abdelmadjid Sidi Saïd, Ali Haddad et Ahmed Ouyahia, le 15 mars, à Alger. © RYAD KRAMDI/AFP

Du jamais-vu en Algérie, où aucun haut dirigeant n’avait été jusqu’ici reconnu de corruption. Du côté du patronat, Ahmed Mazouz, à la tête du groupe du même nom, Hassen Arbaoui, propriétaire de Kia Motors, et l’ancien vice-président du Forum des chefs d’entreprise Mohamed Bairi ont écopé respectivement de sept, six et trois ans de prison. Les sommes détournées sont faramineuses : 128 milliards de dinars (975 millions d’euros) de perte pour le Trésor public, selon l’Algérie presse service.

Au Conseil national de la concurrence (CNC), une autorité placée auprès du ministre du Commerce, on peine à se réjouir des sentences prononcées pour l’exemple. « Il n’y a pas de culture de la concurrence dans le pays », assène d’emblée Amara Zitouni, le président du Conseil, qui vient de mettre en garde le gouvernement contre des dérives dans le domaine pharmaceutique. « Cette industrie a à peine une vingtaine d’années, mais on remarque déjà la constitution d’un monopole », alerte-t-il.

Marchés publics et mauvaises habitudes

Mais la préoccupation majeure du Conseil, réactivé en 2013 après dix ans de sommeil, reste les conditions d’octroi des marchés publics, terreau de la corruption dans le pays.

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