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Éthiopie – Égypte : la guerre de l’eau aura-t-elle lieu à cause du barrage de la Renaissance ?

Sommet tripartite entre le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed (au centre), le chef de l’État égyptien, Abdel Fattah al-Sissi(à sa g.), et Omar el-Béchir (à sa dr.), alors président du Soudan, le 10 février 2019, à Addis-Abeba.

Sommet tripartite entre le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed (au centre), le chef de l’État égyptien, Abdel Fattah al-Sissi(à sa g.), et Omar el-Béchir (à sa dr.), alors président du Soudan, le 10 février 2019, à Addis-Abeba. © Presidency of Egypt / Handout / Anadolu Agency/AFP

Les deux pays ont bien du mal à trouver un accord pour la construction du barrage de la Renaissance éthiopienne que défend Addis-Adeba, Le Caire plaidant sa cause à l’aide de traités coloniaux.

Les mots sonnaient étrangement dans la bouche d’un Prix Nobel de la paix. « S’il y a besoin d’aller à la guerre, nous pouvons mobiliser des millions d’hommes », affirmait le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, face au Parlement, le 22 octobre 2019.

Avant de s’empresser d’ajouter que la guerre n’était « dans l’intérêt d’aucun de nous », ni de l’Éthiopie ni de l’Égypte. Les deux pays négocient, aux côtés du Soudan, pour trouver un accord sur le grand barrage de la Renaissance éthiopienne.

Le Caire craint une baisse de son volume d’eau, dont le pays dépend à plus de 90 %. Depuis l’automne 2019, les États-Unis et la Banque mondiale sont observateurs de ces discussions, et pourraient devenir médiateurs à la ­mi-janvier si les négociations n’avançaient pas.

Au cœur du débat : l’Éthiopie, ce « partenaire silencieux » – comme l’appelait l’universitaire John Waterbury – qui ne veut plus se taire face à l’Égypte, puissance régionale contestée qui s’arc-boute sur les traités coloniaux, qui lui garantissent 55 milliards de m3 d’eau par an. Et la nécessité de trouver des compromis.

Il y a trop de peur du côté égyptien, et c’est compréhensible. Il faut trouver un mécanisme pour répondre à cette peur

« Il faut répondre à la charge émotionnelle, argumente le chercheur Wondwosen Michago. Il y a trop de peur du côté égyptien, et c’est compréhensible. Il faut trouver un mécanisme pour répondre à cette peur. » L’eau pourrait au contraire devenir un facteur d’unification, veut croire l’analyste William Davison. « Je pense qu’il y a un véritable potentiel sur le long terme. Si un accord est trouvé sur le remplissage et le pilotage du barrage, ce sera très positif. Cela signifiera que chacun devra coopérer, partager des informations pour le mettre en œuvre », conclut-il.

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