Diplomatie

G5 Sahel : Emmanuel Macron agace ses pairs ouest-africains

Le président français Emmanuel Macron lors d’une rencontre avec les chefs d’État du G5 Sahel à Nouakchott, le 2 juillet 2018.

Le président français Emmanuel Macron lors d’une rencontre avec les chefs d’État du G5 Sahel à Nouakchott, le 2 juillet 2018. © Ludovic Marin/Pool/REUTERS

Agacés par le ton employé par le président français, qui leur avait publiquement demandé de se rendre en France pour « clarifier » leur position à l’égard de l’implication militaire française, les chefs d’État du G5 Sahel avaient décidé de se réunir au préalable le 15 décembre à huis clos, à Ouagadougou, pour établir une position commune. Bien que la réunion de Pau a été reportée, ils ont décidé de se réunir comme prévu, mais à Niamey.

Après la mort de treize soldats français au Mali, le 25 novembre, Emmanuel Macron a souhaité réunir ses homologues du G5 Sahel – Ibrahim Boubacar Keïta, Roch Marc Christian Kaboré, Mahamadou Issoufou, Mohamed Ould Ghazouani et Idriss Déby Itno – afin d’évoquer la situation régionale et la poursuite de l’opération Barkhane, de plus en plus contestée sur le continent.

Un ton qui agace

Proposition leur a donc été faite de se retrouver le 16 décembre à Pau (sud-ouest de la France). Tous ont donné leur accord, à l’exception du chef de l’État tchadien, qui avait réservé sa réponse, prétextant un agenda trop chargé entre la réception à N’Djamena d’Abdallah Hamdok, le Premier ministre soudanais, et le sommet de la CEEAC à Libreville (16-18 décembre).

Mais, le 4 décembre, quand Macron leur a demandé publiquement de « clarifier » leur position à l’égard de la France, les cinq chefs d’État se sont braqués.

Agacés par le ton employé, ils se sont, au cours des jours suivants, concertés à plusieurs reprises avant de décider, à l’initiative de Kaboré, président en exercice du G5, de se réunir à huis clos le 15 décembre à Ouagadougou. Objectif : arrêter une position commune face à la France et décider des points à discuter à Pau.

La France tente de déminer le terrain

En parallèle, Christophe Bigot, l’envoyé spécial de la France pour le Sahel, s’est rendu du 9 au 12 décembre à Niamey, Bamako et Ouaga, pour déminer le terrain.

Entre-temps, l’attaque de la garnison d’Inates, au Niger, qui a coûté la vie à plus de 70 soldats nigériens le 10 décembre, a bousculé l’agenda diplomatique. Le lendemain soir, Emmanuel Macron a appelé Mahamadou Issoufou, qui lui a indiqué qu’il ne pouvait quitter le Niger.

En accord avec leurs pairs sahéliens, que l’Élysée a joints dans la foulée au téléphone, le sommet de Pau a été reporté. Il devrait avoir lieu à Paris à la mi-janvier.

S’agissant de leur rencontre préparatoire du 15 décembre, les présidents du G5 Sahel ont finalement décidé, par solidarité avec le Niger, de l’organiser à cette même date, mais à Niamey.

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