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Diplomatie

Belgique-Afrique – Bernard Quintin : « Nous comptons rouvrir notre coopération militaire avec la RDC »

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Le Premier ministre belge Charles Michel et le président congolais Félix Tshisekedi, le 17 septembre 2019 à Bruxelles.

Le Premier ministre belge Charles Michel et le président congolais Félix Tshisekedi, le 17 septembre 2019 à Bruxelles. © Virginia Mayo/AP/SIPA

Après une période de tensions durant les dernières années de la présidence Kabila, les relations entre Bruxelles et Kinshasha prennent une nouvelle dynamique, explique le chef de cabinet du ministre belge des Affaires étrangères et de la Défense, envoyé spécial pour les Grands Lacs.

La récente visite du président congolais Félix Tshisekedi à Bruxelles concrétise une nouvelle dynamique entre la RDC et la Belgique, symbolisée par une reprise graduelle de leur relation diplomatique et militaire, selon le chef de cabinet du ministre belge des Affaires étrangères et de la Défense, envoyé spécial pour les Grands Lacs.

Jeune Afrique : Philippe Goffin a été nommé ministre des Affaires étrangères et de la Défense de la Belgique le 30 novembre. Quelle est sa feuille de route ?

Bernard Quintin : Le gouvernement actuel a été mis en place pour gérer les affaires courantes. Le temps qu’un gouvernement de plein exercice soit nommé, il a pour mission de poursuivre la politique engagée. C’est le cas pour l’Afrique, qui tient une place très singulière en Belgique.

Qu’a représenté la visite officielle du président de la RDC, Félix Tshisekedi, en septembre, à Bruxelles ?

Cette visite concrétise une nouvelle dynamique entre les deux pays, symbolisée par une reprise graduelle de leur relation sur différents aspects. Elle fait naître de nombreux espoirs en Belgique. Sans être ingénue, celle-ci compte rouvrir certains volets de sa coopération avec la RDC, en phase, bien sûr, avec les évolutions constatées dans le pays. Au niveau diplomatique, les liens ont été rétablis, et, sur le plan militaire, les discussions sont déjà engagées entre les états-majors pour une reprise de notre assistance, de manière graduelle, j’insiste sur ce dernier terme.

La période de tensions qui a caractérisé les relations entre la Belgique et la RDC durant les dernières années de la présidence Kabila est donc terminée ?

Ces tensions n’avaient rien de personnel, mais étaient liées à des difficultés existantes entre les deux pays. La mauvaise gouvernance était devenue insupportable. Peut-être avons-nous été un peu trop vifs, mais notre discours, sur la question des droits de l’homme, par exemple, n’était pas très différent de ceux tenus par les ONG ou la société civile congolaise.

Maintenant, oui, l’arrivée de Félix Tshisekedi semble inaugurer un renouveau diplo­matique. Notre principal objectif dans la région est d’aider le nouveau président à ­travailler pour le bien de son pays et de ses populations.

Quelles sont les zones prioritaires en Afrique pour la Belgique ?

En dehors de notre relation traditionnelle avec les pays d’Afrique centrale, nous concentrons notre attention sur le pourtour méditerranéen, au Maroc, bien sûr, mais aussi en Tunisie et en Égypte, ainsi que sur le Sahel, pour participer à sa stabilité et limiter le risque migratoire. Nous y travaillons selon l’approche 3D [diplomatie, défense et développement], suivie par le ministère depuis plusieurs années et que nous avons affinée suivant le concept de « comprehensive approach », selon lequel on considère que tout est lié. L’organisme public de la coopération belge, Enabel, est ainsi, depuis début 2018, logé au sein de nos ambassades et placé sous la responsabilité de l’ambassadeur.

Est-ce qu’une révision de la « doctrine Rwanda », c’est-à-dire pas d’unités combattantes envoyées dans les anciennes colonies, est envisageable ?

Il n’y a pas de débat aujourd’hui sur cette question en Belgique. Mais elle est appelée à évoluer, notamment à la suite des accords de coopération militaire attendus avec la RDC. La Belgique est déjà présente sur le terrain dans le cadre d’opérations internationales comme la Minusma [la mission des Nations unies au Mali], pour de la logistique ou de la formation. Nous devons aussi tenir compte des capacités de notre armée.

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