Culture

Sénégal : au sein de la résidence d’artistes Black Rock, des ateliers avec vue à Dakar

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La piscine à débordement de la structure, surplombant la plage du Virage.

La piscine à débordement de la structure, surplombant la plage du Virage. © Youri Lenquette pour JA

Face à l’océan, sur le littoral nord de la capitale, le plasticien américain d’origine nigériane Kehinde Wiley a ouvert une résidence d’artistes : Black Rock.

Une vue panoramique sur la plage du Virage. Une piscine à débordement qui semble se jeter dans l’Atlantique. Pour sa résidence artistique, Kehinde Wiley a fait dans l’ultra-luxe. Célèbre pour ses portraits des époux Obama, le peintre américain d’origine nigériane a choisi Dakar pour installer sa résidence artistique internationale et pluri­disciplinaire.

Surnommée Black Rock en référence aux roches volcaniques jonchant la plage du littoral nord de Dakar, cette résidence veut être une base à partir de laquelle la créativité ouest-africaine rayonnera et qui permettra au regard que l’on porte sur le continent d’évoluer. « Je veux que le monde tombe amoureux de l’Afrique de l’Ouest » (comme lui lorsqu’il est venu pour la première fois à Dakar, à l’âge de 19 ans), assurait Wiley lors de l’inauguration de Black Rock, le 26 mai. Ce soir-là, la villa a été le décor pour des selfies très people, accueillant des personnalités et des artistes du monde entier, comme le photographe sénégalais Omar Victor Diop, la chanteuse américaine Alicia Keys ou encore la mannequin britannique Naomi Campbell.

« De l’espace et du temps »

Depuis, les mondanités ont laissé la place à la créativité avec l’arrivée des premiers pensionnaires. Pour la première promotion, ils seront seize à résider à Black Rock entre août 2019 et avril 2020, des artistes étrangers (pour la plupart venus des États-Unis et du Nigeria), « afin de favoriser les échanges transculturels, la transmission d’idées et de savoir-faire », explique Kewe Lo, directrice artistique de Black Rock. S’il n’y a dans cette promotion aucun représentant de la scène artistique locale – « dont la richesse a largement motivé le choix de Kehinde d’installer sa résidence ici », insiste Kewe Lo –, des rencontres sont organisées avec les artistes sénégalais.

Depuis son ouverture, Black Rock a reçu, entre autres, la chorégraphe Germaine Acogny et le photographe Malick Welli. En outre, la villa a été dessinée par l’architecte sénégalais Abib Djenné, l’aménagement intérieur et la décoration sont le fruit d’une collaboration entre Kehinde Wiley et des artistes locaux, telle la designer Aïssa Dione. La structure comprend un appartement et des ateliers pour Kehinde Wiley, ainsi que trois appartements pour les artistes en résidence, chacun disposant d’un studio adjacent.

Pour créer il faut sortir de son quotidien, être au calme, et rester au même endroit suffisamment longtemps

Pour la designer américaine Heather Jones, qui travaille sur les textiles, le premier vrai contact avec la capitale sénégalaise s’est produit dans l’effervescence des étals de HLM (une commune du centre de Dakar), le plus grand marché aux tissus de la capitale. Arrivée au début d’octobre, la jeune femme, originaire de Cincinnati, se dit motivée par « la recherche de nouveaux savoir-faire et la découverte de modes de vie différents ».

Les motivations de la Nigériane Yagazie Emezi sont tout autres. « Black Rock offre un cadre de travail, de l’espace et du temps. Car pour créer il faut sortir de son quotidien, être au calme, et rester au même endroit suffisamment longtemps », souligne la photojournaliste. Que l’inspiration vienne du cadre feutré de la résidence ou du contact avec les rues dakaroises, selon Kewe Lo, « Black Rock a pour seule vocation de mettre à disposition le cadre et les ressources nécessaires aux artistes qui travaillent en toute liberté. Le reste dépend d’eux ».

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