Politique

Présidentielle en Guinée-Bissau : Umaro Sissoco Embaló tente de rattraper son retard sur Domingos Simões Pereira

Domingos S. Pereira et Umaro S.  Embalo sont actuellement en train d'essayer de rallier le maximum de perdants du premier tour à leurs causes.

Domingos S. Pereira et Umaro S. Embalo sont actuellement en train d'essayer de rallier le maximum de perdants du premier tour à leurs causes. © JA

À moins de trois semaines du second tour de l’élection présidentielle bissau-guinéenne, prévu le 29 décembre, les deux candidats qualifiés mobilisent leurs troupes.

Domingos Simões Pereira, dit DSP, conservera-t-il son avantage ? Arrivé en tête au premier tour de l’élection présidentielle bissau-guinéenne du 24 novembre avec 40,13 % des voix, le leader du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) dispose a priori d’une confortable avance. Umaro Sissoco Embaló, qu’il affrontera lors du second tour prévu le 29 décembre, a, lui, recueilli 27,65 % des suffrages. « La différence est de taille. Aucun doute, nous allons gagner cette élection », veut croire António Óscar Barbosa, le porte-­parole de DSP.

« Rien n’est joué. Le prochain président, si Dieu le veut, ce sera moi », rétorque Umaro Sissoco Embaló, ex-Premier ministre et candidat du parti Madem, créé en 2018 par des dissidents du PAIGC. Il en veut pour preuve les derniers ralliements à sa candidature. Le 3 décembre, il a en effet conclu un accord avec Nuno Nabiam, qui, arrivé en troisième position avec 13,16 %, représentait l’APU-PDGB et le PRS.

Pas de « transfert automatique des voix »

Ses électeurs se rallieront-ils tous à Umaro Sissoco Embaló ? Si ce dernier en est persuadé, certains se montrent plus sceptiques. « Les alliances que noue le candidat du Madem avec les perdants ne lui garantissent pas un transfert automatique des voix. D’autant que des personnalités de l’APU-PDGB et du PRS ne respectent pas la discipline de leurs partis », analyse Miguel de Barros, sociologue et activiste.

« La direction de l’APU-PDGB a dénoncé l’accord conclu avec Nuno Nabiam, et plusieurs de ses cadres sont des membres éminents du gouvernement mené par le PAIGC, renchérit Barbosa. Nous ne doutons pas que ses électeurs voteront en notre faveur. »

Jomav soutient Embaló

Des arguments que balaie Umaro Sissoco Embaló, qui se prévaut du soutien d’un autre vaincu du premier tour, Carlos Gomes Júnior (2,66 % des voix), ex-Premier ministre et ex-dirigeant du PAIGC fâché avec son ancienne formation.

Il a également obtenu l’appui officiel, le 7 décembre, de José Mário Vaz, le président sortant, arrivé en quatrième position (12,41 %). Grand perdant du scrutin, ce dernier est l’irréductible adversaire de Domingos Simões Pereira, son ex-Premier ministre, qu’il avait limogé avec fracas en août 2015, plongeant le pays dans la crise.

Ce front anti-PAIGC n’inquiète pas outre mesure le parti, persuadé à tort ou à raison que sa promesse de ramener la stabilité dans le pays séduira les électeurs. S’il l’emportait, l’ex-parti unique contrôlerait à la fois la présidence et l’Assemblée nationale populaire, où il dispose d’une majorité relative depuis son succès aux législatives de mars.

Si, au contraire, Umaro Sissoco Embaló gagnait la présidentielle, le poste de Premier ministre – qui tire sa légitimité des législatives – devrait revenir à l’un des opposants du nouvel élu. Un scénario susceptible, selon plusieurs observateurs, de provoquer quelques turbulences, en raison de certaines ambiguïtés de la Constitution sur la répartition des pouvoirs.

En attendant, les deux finalistes devront convaincre au-delà de leur base respective et tenter de ramener aux urnes les nombreux abstentionnistes (plus de 25 % des électeurs), que des années de crise ont manifestement lassés.

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