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Cet article est issu du dossier «Dakar, une capitale en mode XXL»

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Environnement

À Dakar, une bouffée d’oxygène à Cambérène

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Mis à jour le 13 décembre 2019 à 13h45
Le parc de Cambérène, commune du littoral nord-est de Dakar, est l’un des rares espaces verts de la ville.

Le parc de Cambérène, commune du littoral nord-est de Dakar, est l’un des rares espaces verts de la ville. © Youri Lenquette pour JA

Alors que le bâti s’étend et que la presqu’île étouffe, jardins et aménagements paysagers regagnent du terrain, notamment à Cambérène, dont le parc respire à nouveau.

À Cambérène, commune du littoral nord-est de Dakar, la saison des pluies a dragué son lot de sable, d’ordures et de problèmes. Comme dans toute la capitale, l’hivernage a défoncé la chaussée, abattu quelques toitures, inondé les friches, et il ferait presque oublier de lever les yeux pour découvrir les douces frondaisons du parc paysager : une oasis d’acacias, de ficus et de flamboyants, dont les fleurs orange vif balisent les sentiers aménagés pour les piétons.

Moins connu que le parc zoologique de Hann, souvent présenté comme le seul grand espace vert de la capitale, le parc de Cambérène fait pourtant partie du paysage dakarois depuis 1948. D’abord destiné à accueillir des courses hippiques, il connut ensuite trente heureuses années au cours desquelles ses 10 hectares furent divisés en pépinières et en roseraies, avant d’être peu à peu laissés à l’abandon.

Dans les années 1980, les espaces verts sont devenus le parent pauvre de la politique d’aménagement de l’État. « À la fin des années 1990, le parc était dans un état de délabrement avancé », déplore Mbaye Diop Druh, à la tête de la direction des paysages urbains et des espaces publics depuis 2018.

École d’horticulture

Depuis deux ans, le jardin se refait enfin une beauté. Dans une agglomération où le bâti grignote toujours plus de terrain au point de ne plus offrir que 1 m² d’espace vert par habitant – quand l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande 10 m² –, Cambérène veut redevenir l’un des poumons de la ville. Symbole de ce renouveau, un canal artificiel bordé de palmiers et de bouquets de roseaux traverse désormais le parc sur 300 mètres. Bientôt, annonce Mbaye Diop Druh, les promeneurs pourront profiter de bungalows au bord de l’eau, ainsi que d’une gargote, dont l’ossature est déjà installée au centre d’une esplanade qui vient d’être dallée.

 Entretenir un espace vert, c’est un budget

Mais déjà le budget de 1,5 milliard de F CFA (près de 2,3 millions d’euros) alloué chaque année par le ministère de l’Urbanisme et du Logement au programme national Ville verte est grevé par le réaménagement du centre-ville, dont le président Macky Sall a fait une priorité de son second mandat, et la construction de la ville nouvelle de Diamniadio.

« Entretenir un espace vert, c’est un budget. Il faut des moyens, de l’eau, des agents en permanence », égrène Mbaye Diop Druh, qui doit se contenter de 40 millions de F CFA par an pour faire tourner son administration – la part allouée au jardin varie. Résultat, le canal souffre des débordements du réseau public d’évacuation des eaux.

Le directeur des paysages urbains ne se décourage pas pour autant. Il souligne la bonne santé de ses pépinières : quatre immenses carrés d’arbres et d’espèces ornementales, devenus le terrain d’étude de l’école d’horticulture installée dans le parc. Quelque 4 000 boutures sortent chaque année de la pépinière de Cambérène, qui vont verdir et reverdir les espaces publics et les bâtiments administratifs de toute l’agglomération, du Plateau à Diamniadio.

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