Start-up

Nigeria – Bosun Tijani (Innovation Co-Creation Hub) : « Nous allons lever 60 millions de dollars »

Réservé aux abonnés | | Par - envoyée spéciale à Aix-en-Provence
Bosun Tijani, fondateur du Co-creation HUB de Lagos au Nigeria.

Bosun Tijani, fondateur du Co-creation HUB de Lagos au Nigeria. © Crédit : CcHUB/2019

Fort du rachat du pionnier kényan iHub, le fondateur de l’incubateur nigérian, figure de la tech africaine, va finaliser en 2020 une importante levée de fonds.

En septembre, l’incubateur nigérian Co-Creation Hub a racheté son homologue kényan iHub à l’investisseur Miguel Granier. Afin de poursuivre sa stratégie de développement panafricaine, son cofondateur, Bosun Tijani, espère finaliser d’ici au deuxième trimestre de 2020 une levée de fonds de 60 millions de dollars à travers sa filiale Growth Capital by CcHUB.

En février, l’incubateur a ouvert une filiale au Rwanda, CcHUB Design Lab, pour en faire un pôle R&D. En marge du sommet Emerging Valley, organisé à Aix-en-Provence, au début de décembre, l’entrepreneur a répondu à JA.

Jeune Afrique : Quels chantiers avez-vous lancés après le rachat d’iHub ?

Bosun Tijani : L’ambition avec iHub est de construire un réseau pan­africain de soutien à l’innovation sur le continent. Nous avons aujourd’hui des bureaux à Lagos, à Abuja, à Kigali et à Nairobi. Notre but est d’aider les start-up à se développer dans ces différents pays parce que l’Afrique devient un marché unique.

Nous aiderons les entrepreneurs à concevoir des produits adaptés à plusieurs marchés, à constituer des équipes et une gouvernance en mesure d’attirer les investisseurs, et à nouer de solides partenariats avec des grandes entreprises. Nous allons lancer en 2020, à Nairobi, un nouveau programme d’accélération destiné aux start-up africaines.

Pour les investissements, vous insistez sur la nécessité d’une approche par portefeuilles. C’est-à-dire ?

L’écosystème technologique est encore jeune en Afrique. Une start-up peut très bien apporter une solution efficace sans parvenir à grossir. Mais son produit peut contribuer au succès d’une autre entreprise. Au sein de notre portefeuille, LifeBank est spécialisé dans la livraison de poches de sang et de fournitures médicales aux hôpitaux.

Nous accompagnons aussi la start-up Gricd, qui a conçu une boîte permettant de transporter ces produits. Toutes deux ont un potentiel énorme et sont complémentaires.

Quelle tranche d’investissement visez-vous ?

Avec les 60 millions de dollars de la levée de fonds, nous allons pouvoir investir jusqu’à 1,5 million de dollars par opération. Aujourd’hui, les tickets vont de 25 000 à 250 000 dollars partout où nous avons des bureaux.

Que pensez-vous des récents investissements chinois dans les start-up africaines ?

C’est un développement intéressant. Le chemin parcouru par les entrepreneurs chinois ressemble à celui emprunté par leurs homologues africains. La Chine n’a pas toujours été développée, et nombre de ses chefs d’entreprise ont pris part à son émergence. Il y a beaucoup à apprendre.

Mais l’Afrique ne doit pas, bien sûr, perdre de vue ses intérêts. Nous devons être attentifs à ce que les revenus générés ne soient pas intégralement rapatriés hors du continent et bien comprendre la stratégie de ces investisseurs. L’Afrique doit avoir son propre agenda.

Les incubateurs africains sont souvent perçus par les pouvoirs publics comme étant capables de résoudre l’ensemble des problèmes des start-up. N’est-ce pas trop leur demander ?

La technologie est devenue importante dans l’éducation, la santé, l’agriculture, le transport… Elle rend tout plus intelligent et plus efficace, mais n’est pas, à elle seule, la solution. Les incubateurs peuvent soutenir la croissance économique. Toutefois le travail à engager pour que cela se produise dépasse largement la sphère des start-up.

Nous devons construire, au niveau national, un puissant système de soutien à l’innovation, renforcer les universités, le marché financier, la recherche et garantir une stabilité politique.


60 % de réussite

Créé en 2010, CcHuB a levé 1 million d’euros auprès de Omidyar Network et de Nigerian Bank of Industry. En dix ans, il a accompagné 150 start-up. Près de 60 % d’entre elles sont toujours actives, 30 % ont réussi à faire d’autres levées de fonds, et 5 % ont été vendues.

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