Dossier

Cet article est issu du dossier «Afrique-France, le grand malentendu : enquête sur le sentiment anti-français»

Voir tout le sommaire
Politique

Afrique-France : sur les réseaux sociaux, le grand bazar du complotisme et des rumeurs

De nombreuses fake news ont été propagées durant la campagne présidentielle au Nigeria.

De nombreuses fake news ont été propagées durant la campagne présidentielle au Nigeria. © Soeren Stache/AP/SIPA

Vrais-faux jihadistes, pillage organisé, leaders africains manipulés… Les réseaux sociaux sont une incroyable caisse de résonance pour les rumeurs et thèses complotistes. Tour d’horizon de quelques-unes d’entre-elles, entre fake news et approximations plus ou moins volontairement entretenues.

• Vrais-faux jihadistes

Au Sahel, accusent certains, les terroristes qui s’attaquent aux armées régulières – l’armée malienne, notamment – seraient en réalité des soldats français « déguisés en jihadistes peuls ou dogons ». Variante moins audacieuse : ces groupes terroristes seraient financés et armés par la France.

• S’il l’a dit, c’est donc vrai

Certains propagateurs de rumeurs s’appuient sur des noms célèbres pour donner du crédit à leurs divagations. Dans le cas de Salif Keita, il est exact que le chanteur a accusé la France de déstabiliser sciemment le Mali.

Mais d’autres rumeurs ont attribué des propos comparables au footballeur Frédéric Kanouté, ancien international malien qui a joué à Tottenham et à Séville. L’intéressé a catégoriquement démenti.

• Pillage organisé

Depuis toujours, la France est accusée d’accaparer les richesses du continent. Dans le cadre de l’opération militaire Barkhane, certains accusent ainsi ses troupes stationnées au Sahel d’exploiter clandestinement des mines d’or au sein même de leurs casernements – d’autres parlent d’uranium.

D’autres encore expliquent que si deux hélicoptères militaires se sont crashés le 25 novembre, c’est qu’ils étaient trop lourdement chargés de métaux précieux dérobés. Quant à l’opération Sangaris, lancée en 2013, elle aurait eu pour unique objectif de piller les diamants centrafricains.

• Esclavagistes

Complément de l’accusation précédente : selon des rumeurs propagées en Italie par les partisans de Matteo Salvini, la multinationale française Orano (ex-Areva) ferait travailler des enfants dans ses mines d’uranium au Niger. *

• Touaregs instrumentalisés

Pour les théoriciens complotistes, la France tente depuis des décennies de déstabiliser la zone sahélienne et les pays limitrophes, en promettant aux Touaregs de leur donner un État indépendant, à la condition qu’ils se retournent contre les forces armées de leurs pays respectifs.

Une stratégie au long cours et politiquement impartiale puisqu’elle met en cause aussi bien Nicolas Sarkozy que Danielle Mitterrand, l’épouse de l’ancien président socialiste : l’ONG qu’elle présidait aurait financé le coup d’État de 1991 contre le président malien Moussa Traoré.

• Des leaders manipulés

Les dirigeants africains sont souvent soupçonnés d’être à la solde des Français. Thèse plus osée : la France porte systématiquement au pouvoir des présidents nés ailleurs que dans le pays qu’ils sont appelés à diriger, afin de pouvoir les contrôler plus aisément.

Mobutu serait ainsi originaire de Centrafrique ; Ali Bongo Ondimba, du Biafra ; Alassane Ouattara, du Burkina Faso ; et Denis Sassou Nguesso, du Bénin.


(*) Suite à la publication de cet article, le directeur de la communication d’Orano, Christophe Neugnot, nous a écrit pour rappeler que, bien entendu, le groupe ne fait pas travailler d’enfants, que ce soit au Niger ou ailleurs, et accorde une « priorité absolue le Droit des Hommes et de l’enfant ».

Nous ne l’entendions pas autrement : la phrase en question fait partie d’un encadré titré « Sur les réseaux sociaux, le grand bazar du complotisme et des rumeurs » et toutes les théories évoquées dans ledit encadré, si elles circulent sur internet, sont absolument farfelues et étaient présentées comme telles.

Abonné(e) au magazine papier ? Activez gratuitement votre compte Jeune Afrique Digital pour accéder aux contenus réservés aux abonnés.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte