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Cet article est issu du dossier «Santé en Afrique : vaccins, tourisme médical et gériatrie»

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Santé

Dépendance : Carthagea transforme les hôtels tunisiens en Ehpad pour Européens

L’Alhambra Thalasso de Hammamet a été reconverti partiellement en maison de retraite.

L’Alhambra Thalasso de Hammamet a été reconverti partiellement en maison de retraite. © dr

Cadre de vie agréable, suivi individualisé rassurant, prix abordables… Les centres gériatriques en Tunisie attirent les retraités venus de l’autre côté de la Méditerranée.

À petits pas, Aline revient d’une promenade en bord de mer avec sa mère. Une activité banale pour des touristes étrangers, à Hammamet, en cette fin d’octobre. Reste que la mère d’Aline est une promeneuse particulière : elle est résidente d’un établissement cinq étoiles, l’Alhambra Thalasso, reconverti partiellement, en 2016, en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), spécialisé dans l’accueil de personnes souffrant de maladies neuro-dégénératives.

Nous sommes les seuls au monde à affecter un soignant à chaque résident avec une mobilisation 24 heures sur 24

Une initiative lancée par Alexandre Canabal, le gestionnaire de l’Ehpad de Carthagea, propriétaire de l’hôtel, qui séduit de nombreuses familles françaises même si elles ne bénéficient d’aucune aide pour ces séjours au long cours en Tunisie. « J’habite à Lille, et ma mère vivait seule à Agen ; c’était bien plus compliqué de lui rendre visite en France que de venir la voir en Tunisie. Le forfait global comprend quatre billets d’avion et un tarif préférentiel pour l’hôtel », précise Aline, qui débourse 2 600 euros par mois ; bien en deçà de ce que lui aurait coûté un Ehpad en France.

De meilleures prestations

Mais, selon les professionnels et résidents interrogés, ce n’est pas tant l’offre financière ou les trois cents jours d’ensoleillement qui attirent ceux qui décident de franchir la Méditerranée, mais bien les prestations. « Nous sommes les seuls au monde à affecter un soignant à chaque résident avec une mobilisation 24 heures sur 24 », affirme Alexandre Canabal, qui compte développer le concept avec l’aménagement de nouveaux centres, toujours dans la région de Hammamet.

Un développement qu’il compte financer en ouvrant le capital de Carthagea, qui aboutira à une levée de fonds de 100 millions d’euros. Annonçant 1 600 demandes d’hébergement de personnes dépendantes en attente, Canabal dit ne pas avoir d’inquiétude sur le développement des maisons de retraite médicalisées en Tunisie. Il anticipe d’ailleurs et se lance dans la formation en interne d’aides-soignants.

« Nous avons recruté tout le personnel disponible de la région et leur avons dispensé une formation spécifique conforme à nos besoins en gériatrie, une expertise qui n’existait pas jusque-là en Tunisie », explique le promoteur. Il escompte à moyen terme intégrer à son projet une école qui proposera une formation continue puis une spécialisation en gériatrie, et qui disposera d’un centre d’hébergement pour les soignants recrutés.

Un secteur d’avenir

Patron militant pour que la Tunisie devienne un acteur de l’hébergement des personnes âgées dépendantes en provenance d’Europe, le dirigeant de Carthagea a été entendu par le ministère de la Santé, qui compte promulguer prochainement un cadre réglementaire pour tous les opérateurs qui s’implanteront en Tunisie.

Avec des prestations haut de gamme et une prise en charge totale qui inclut les accès piscine, hammam, coiffeur

Loin de ces considérations, Aline profite de son séjour et apprécie de pouvoir consacrer tout son temps à sa mère, atteinte de la maladie de Parkinson. « Avec des prestations haut de gamme et une prise en charge totale qui inclut les accès piscine, hammam, coiffeur, sans compter le suivi médical rigoureux, je repars rassurée », affirme-t-elle.

La Française songe d’ailleurs à intégrer, le moment de la retraite venu, ce type d’établissement. À cette date, elle pourrait avoir le choix, puisque Alexandre Canabal envisage « jusqu’à 10 000 résidents francophones et une dizaine d’hôtels reconvertis ». Une aubaine pour la Tunisie, qui pourrait générer des milliers de nouveaux emplois.

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