Sécurité

[Tribune] Tous unis contre le terrorisme

Par

Le Béninois Abdoulaye Bio Tchané est ancien président de la BOAD et président du conseil d’administration du Fonds africain de garantie (AGF).

Quartier général de la force conjointe G5 Sahel basée à Sévaré, en octobre 2017.

Quartier général de la force conjointe G5 Sahel basée à Sévaré, en octobre 2017. © Flickr / MINUSMA/Harandane Dicko

L’Afrique de l’Ouest vit l’un des moments les plus préoccupants de son histoire. Touchée par le terrorisme et la criminalité transfrontalière, notre région doit pouvoir y répondre avec promptitude et efficacité.

Les propositions de solutions ne manquent pas. Certaines ont été mises en place avec plus ou moins de réussite. Mais, aujourd’hui, il ne fait aucun doute que notre salut réside dans notre détermination à porter un projet commun de sécurité régionale. C’est l’idéal que prône et défend le président béninois, Patrice Talon, et c’est l’objectif qui sous-tend son engagement sans faille et sans réserve dans la mise en œuvre d’une stratégie ouest-africaine de sécurité.

Une problématique régionale

Nous n’avons pas le choix parce que la menace est transnationale. Les attentats du 11 septembre 2001 ont donné au terrorisme un nouveau visage, et la guerre est devenue moins conventionnelle, plus asymétrique. Ses métastases se sont développées un peu partout dans le monde, y compris en Afrique. Les nouveaux acteurs de la violence ne sont plus tenus par les frontières. Ils se servent d’ailleurs de la porosité de ces dernières et même des mécanismes communautaires de libre circulation des biens et des personnes. Il est devenu impérieux pour nos pays de réagir ensemble pour assurer leur sécurité. Face à une menace transnationale, aucun État, aussi puissant soit-il, ne peut réagir de façon isolée. La seule solution efficace est une réponse commune.

Il faut que nous mutualisions nos forces et nos ressources

Nous n’avons pas le choix parce que la menace s’exporte chaque jour un peu plus. En Afrique de l’Ouest, deux tendances se développent et se côtoient. Il y a d’une part Boko Haram. Né et circonscrit au Nigeria pendant environ une décennie, le groupe ne cache plus ses ambitions expansionnistes. Il recrute dans la plupart de nos pays et attaque désormais aussi le Cameroun, le Niger et le Tchad. Il y a, d’autre part, la menace sahélienne.

Apparue au lendemain de l’intervention occidentale en Libye, elle étend aujourd’hui ses tentacules vers le golfe de Guinée : la Côte d’Ivoire a été attaquée, le Bénin s’est fait des frayeurs, le Togo et le Ghana sont sur le qui-vive. Il est donc indispensable que nous conjuguions nos efforts. Il faut que nous mutualisions nos forces et nos ressources.

Solidarité internationale

Nous n’avons pas le choix parce que nos valeurs nous y obligent. Un proverbe africain nous fait injonction de nous mobiliser pour aller au secours du voisin quand son toit brûle. S’il n’est pas éteint, il n’y a pas de doute qu’il s’étendra chez nous. S’abstenir de répondre face au danger parce qu’on le perçoit loin de ses frontières est la façon la plus sûre de l’inviter chez soi. C’est un suicide que seul l’engagement collectif et solidaire nous permet d’éviter. L’action régionale que le Bénin soutient est une action de solidarité à l’égard des États frères, mais aussi à l’égard des peuples frères.

Nous sommes conscients, au Bénin, que la quiétude de nos populations passe par une lutte collective et concertée avec nos voisins. Notre pays a une longue tradition de solidarité internationale et monte toujours au front pour participer à éteindre les feux qui s’allument un peu partout sur la planète en général, et en Afrique en particulier. La preuve en est que nous faisons partie des plus grands pourvoyeurs de soldats pour les opérations de maintien de la paix. Le Bénin est engagé au Sahel dans la Minusma depuis 2013 et il est le seul État épargné par le phénomène Boko Haram à s’engager dans la Force multinationale mixte. Cette tradition a été perpétuée par le président Patrice Talon. Parce que la solution ne peut pas être l’action solitaire des États victimes, mais plutôt l’action solidaire de tous les États de la sous-région.

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