Politique

Élections à Madagascar : « Naina » et « Rina » en duel pour conquérir Tana

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Mis à jour le 26 novembre 2019 à 11h54
Naina Andriantsitohaina et Rina Randriamasinoro, candidats à la mairie d'Antananarivo.

Naina Andriantsitohaina et Rina Randriamasinoro, candidats à la mairie d'Antananarivo. © Jeune Afrique

Dans la course à la mairie d’Antananarivo, l’un, Naina Andriantsitohaina, défendra la plateforme IRD, d’Andry Rajoelina, et l’autre, Rina Randriamasinoro, portera les couleurs du parti TIM, de Marc Ravalomanana.

Dans le fond, « c’est le même duel depuis dix ans », résume le politologue Juvence Ramasy. Celui qui l’emportera le 27 novembre contrôlera une ville où se trouvent les principaux centres de décision, dans un pays très centralisé. Il s’emparera d’un fauteuil qu’ont occupé deux adversaires de toujours : Rajoelina (2007-2009) et Ravalomanana (1999-2002) – et même Lalao, l’épouse de ce dernier, maire depuis 2015.

La rivalité des deux chefs, qui remonte à de longues années, prend un tour plus violent en 2009. Andry Rajoelina, alors jeune maire (34 ans) de la capitale, mobilise les foules contre le chef de l’État, Marc Ravalomanana (59 ans). Une fusillade éclate devant le palais présidentiel. Une trentaine de manifestants perdent la vie. Ravalomanana abandonne le pouvoir à Rajoelina, à qui l’armée s’est ralliée, et s’enfuit en Afrique du Sud, où il vivra pendant cinq ans.

Campagne de proximité

Durant la présidence de Hery Rajaonarimam­pianina (2014-2018), les deux ennemis temporisent. Jusqu’à l’élection présidentielle de 2018, que remporte Rajoelina. Lors des législatives de mai dernier, Ravalomanana a connu une nouvelle déroute : son parti n’a obtenu que 16 sièges contre 84 pour la formation du chef de l’État (sur un total de 151). Le vaincu allait-il tenter un come-back en briguant lui-même la mairie ?

Beaucoup l’y encourageaient mais, au dernier moment, l’ancien président a préféré mettre en avant un candidat inconnu du grand public, Rina Randriamasinoro, face à Naina Andriantsitohaina, le « poulain » de Rajoelina.

Pour espérer l’emporter, les deux principaux prétendants à la mairie de Tana ont mené une campagne de proximité. Leurs programmes, similaires dans les grandes lignes, sont tournés vers le social et prônent un retour à l’ordre. Jusqu’à sa démission, en septembre, Naina Andriantsitohaina, 56 ans, était ministre des Affaires étrangères. Rina Randria­masinoro, 36 ans, est depuis 2017 le directeur financier de la communauté urbaine de la capitale.

Subventions de l’État

« Naina part avec une longueur d’avance parce qu’il est le candidat du pouvoir, analyse Juvence Ramasy. Les gens ont conscience qu’un maire d’opposition percevra moins de subventions de l’État et qu’il aura plus de difficulté à accomplir sa tâche. » Il bénéficie aussi de soutiens politiques, médiatiques et financiers plus importants. « Son handicap, c’est son image de bourgeois, reprend notre interlocuteur. Donc rien n’est joué ! »

Le TIM de Ravalomanana possède en effet un bon vivier de voix dans la capitale. Lors des législatives, il y a réalisé un bon score. « Rina a une image de jeune séduisant et sportif, résume Ramasy. Le TIM espère en tirer avantage. » Reste à voir si les électeurs ne feront pas payer à ce parti le piètre bilan – ordures qui s’amoncellent, égouts bouchés, inondations, embouteillages monstres – de Lalao Ravalomanana.

« Nous n’avions pas de subventions de l’État et il restait beaucoup d’arriérés, rétorque Julien Andriamorasata, directeur de campagne de Rina. [Au poste qui était le sien], notre candidat est parvenu à rembourser une grande partie des dettes. »

Les résultats définitifs de l’élection seront connus d’ici à la fin de décembre.

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