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Pour les Comores, le délicat enjeu économique de la diaspora

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Mis à jour le 29 novembre 2019 à 16h02
La disapora comorienne défilant contre "l'occupation illégale de la France à Mayotte" à Paris en 2008.

La disapora comorienne défilant contre "l'occupation illégale de la France à Mayotte" à Paris en 2008. © mrskyce/CC/Flikr

Si les chiffres officiels font état de 200 000 à 300 000 personnes, les Comoriens de l’étranger seraient en réalité près de 400 000 à travers le monde, dont plus de 80 % établis en France. La manne financière de ses mandats est précieuse, mais peu productive.

Sachant que l’archipel lui-même compte un peu moins de 800 000 ressortissants, la diaspora est surnommée « la cinquième île » – Mayotte est considérée comme la quatrième.

Aux marins qui constituaient les équipages de la marine marchande française au lendemain de la Seconde guerre mondiale – ce qui explique que hors de l’Île-de-France les principales communautés au sein de l’Hexagone se trouvent toujours à Marseille et à Dunkerque – s’est ajouté au fil des décennies le flot des étudiants.

Contribution au PIB national

Loin d’être négligeable, la contribution de cette diaspora représente chaque année 20 % à 25 % du PIB national. Si elle apporte une bouffée d’oxygène financière aux familles, avec lesquelles la relation reste par tradition très forte, son apport au développement du pays reste des plus marginaux.

« Elle soutient essentiellement la consommation intérieure, notamment lors des grands mariages, mais ne crée pas de richesses directes dans le pays. Et elle ne contribue pas non plus à développer l’esprit d’entreprise sur les îles », constate Abdoussalami Abdou, à la tête du commissariat chargé des Comoriens de l’étranger, créé en 2011 pour mieux « mobiliser leurs capacités financières ».

Droit de vote

« La diaspora est à l’origine de moins de 6 % des entreprises créées chaque année dans l’archipel », confirme Abdou Katibou. Le directeur général de l’Agence nationale pour la promotion des investissements regrette de voir ces investissements partir en priorité « dans les équipements sociaux de proximité plutôt que dans l’appareil de production national ». « Il y a urgence à réorienter ces transferts de fonds », reprend Abdoussalami Abdou.

Vaste programme, tant les Comoriens de l’étranger restent mal connus dans leur pays d’origine. « Pour mettre en place les mesures d’incitation nécessaires, nous devons mieux les identifier », estime le commissaire, qui déplore qu’aucun « recensement fiable n’ait jamais été organisé ».

Il permettrait pourtant également d’honorer un des droits accordés aux Comoriens de l’extérieur par la Constitution de 2018, mais aujourd’hui encore irréalisable, tant pour des raisons techniques que financières : le vote aux élections nationales.

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