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Cet article est issu du dossier «Comores : nouveaux horizons»

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Transport maritime

Transports : comment désenclaver l’archipel des Comores

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La capitale des Comores, Moroni, le 7 mars 2009.

La capitale des Comores, Moroni, le 7 mars 2009. © GUY BOUCHET / AFP

Liaisons inter-îles, modernisation des ports, construction d’un nouvel aéroport, création d’une compagnie aérienne… Les défis sont nombreux pour sortir de l’insularité.

Pour être au rendez-vous de l’émergence, l’Union des Comores va devoir emprunter d’autres voies que de simples chemins pavés de roses ou de bonnes intentions. Les autorités publiques l’ont rapidement compris et, en même temps qu’elles s’attaquaient au dossier énergétique, elles tentaient de régler la question des transports, le second frein au développement économique du pays.

Sur son volet terrestre d’abord, en remettant en état une partie du réseau routier sur les trois îles, alors que d’autres projets, le plus souvent sous financements internationaux, sont en cours pour tenter d’équiper le pays, à terme, d’une desserte correcte. Beaucoup reste à faire, mais la priorité est maintenant de sortir ces territoires de leur insularité, entre eux et avec le reste du monde. Un enjeu vital, qui justifie que le secteur des transports – maritimes et aériens – figure en bonne place dans le Plan Comores émergent (PCE).

Peu de profondeur

« La baisse des tarifs du transport, de biens comme de personnes, va favoriser les échanges et permettre la création d’un marché national suffisamment solide pour soutenir la croissance », assure un expert international. L’archipel possède une marge de progression assez importante, puisque la part des échanges extérieurs dans le PIB, qui permet de mesurer le degré d’ouverture de son économie, ne représentent que 65 %. Un résultat bien plus proche des 50 % affichés par les pays enclavés que des 100 % généralement alignés par les autres États insulaires de la région, Seychelles et Maurice en tête.

Pour répondre à cet impératif de désenclavement, le pays ne dispose que d’interfaces portuaires datées et depuis longtemps dépassées. À Moroni, le port se compose d’une jetée d’une centaine de mètres, sans grue, et alimentée par des barges qui traitent les navires tenus à distance par son tirant d’eau limité à 4,5 m.

À Anjouan, la situation n’est guère meilleure. Le port de Mutsamudu ne possède qu’un quai de 170 mètres de long, à une profondeur de 9 mètres, lui permettant bien de traiter 75 % du trafic comorien, mais qui reste largement en deçà des dimensions standards des navires porte-conteneurs présents aujourd’hui dans l’océan Indien. Cinq ou six d’entre eux suffiraient d’ailleurs pour transporter les 80 000 boîtes traitées chaque année dans l’ensemble des terminaux comoriens.

Au milieu des marchandises à quai, les services de transport de passagers tentent de s’organiser, mais, là aussi, l’offre est très loin de répondre à la demande. À peine 70 000 personnes utilisent chaque année les liaisons inter-îles, soit environ le nombre de croisiéristes en visite à Maurice. Alors que les Comores nourrissent également de grandes ambitions en matière touristique, l’archipel n’a pas vu passer un paquebot depuis 2016.

Autant de dossiers rouverts par les autorités comoriennes à l’occasion du PCE. Selon le document, le pays a besoin de 112,5 milliards de francs comoriens (près de 230 millions d’euros) pour moderniser ses ports et mettre en place les différents services de transport qui relieront les îles.

Il compte sur l’aide de ses bailleurs de fonds traditionnels, mais aussi et surtout sur le soutien du secteur privé international, seul à même de lui apporter l’expertise demandée par des secteurs d’activité aussi complexes que le maritime et l’aérien, qui, lui aussi, fait l’objet de toutes les attentions comoriennes.

Un nouvel aéroport en projet

Côté air, l’archipel souffre des mêmes maux. Le pays ne dispose d’aucune liaison directe avec les principaux marchés émetteurs, régionaux comme internationaux, et l’aéroport international Moroni - Prince-Said-Ibrahim, bien que rénové durant la dernière décennie, ne répond toujours pas aux normes requises en matière de sécurité, d’entreposage et de maintenance des aéronefs.

À Anjouan, le gouvernement souhaite même construire un nouvel aéroport pour remplacer l’unique piste (à sens unique) qui dessert l’île.

Mais le dossier le plus symbolique de ces nouveaux appétits est la création d’une compagnie aérienne nationale. Pour concrétiser un tel rêve, le pays n’a d’autre choix que de s’adosser à un partenaire.

Des discussions sont en cours avec certains opérateurs, qui ont vite montré leur intérêt, à commencer par Ethiopian Airlines, qui dessert déjà Moroni. Là encore, la facture s’annonce salée, puisque le PCE table sur 97,5 milliards de francs comoriens, hors compagnie aérienne, pour que les Comores puissent décoller d’ici à 2030.

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