Elections

Algérie : dix choses à savoir sur Mohamed Charfi, le président de l’Autorité des élections

L'ex-ministre de la Justice Mohamed Charfi, président de l'Autorité nationale indépendante des élections.

L'ex-ministre de la Justice Mohamed Charfi, président de l'Autorité nationale indépendante des élections. © DR

Ancien ministre algérien de la Justice, Mohamed Charfi est, à 73 ans, à la tête de l’Autorité nationale indépendante des élections, chargée de l’organisation de la présidentielle du 12 décembre.

• Carrière

Originaire de la région de Guelma et diplômé de l’École nationale d’administration (ENA) d’Alger, il a fait l’essentiel de sa carrière dans la magistrature. D’abord comme juge d’instruction, puis comme magistrat du siège, procureur général, conseiller à la Cour suprême et enfin deux fois comme ministre de la Justice.

• Réformiste

À l’arrivée au pouvoir d’Abdelaziz Bouteflika, en 1999, il devient membre de la commission de la réforme de la justice, pilotée par l’avocat Mohand Issad. Lorsque le chef de l’État reçoit le rapport de cette commission, il le met dans un tiroir : « Je ne crois pas à l’indépendance de la Justice, dit-il. Les juges, c’est moi qui les nomme et qui les dégomme. »

• Promotion

Proche d’Ali Benflis, l’ancien chef du gouvernement avec lequel il a travaillé à la fin des années 1980 et qui briguera la magistrature suprême le 12 décembre, il est nommé ministre de la Justice en juin 2002.

• Débarqué

Il ne restera en poste que quelques mois : son soutien à la candidature de Benflis à l’élection présidentielle d’avril 2004 lui vaut l’hostilité de l’entourage du président. Accusé de trahison, il est débarqué du gouvernement en septembre 2003. Depuis, les deux hommes se sont éloignés.

• Affaire Khelil

En 2012, il retrouve le ministère de la Justice dans le gouvernement d’Abdelmalek Sellal. En août 2013, il se présente devant Bouteflika avec, entre les mains, un dossier dans lequel figure le nom de l’ex-ministre de l’Énergie et des Mines, Chakib Khelil. Ami d’enfance du président, ce dernier y est cité pour des faits de corruption dans l’affaire Sonatrach, et Charfi suggère des poursuites judiciaires. Réponse du chef de l’État : « Faites votre travail. »

• Chantage

Le 29 août 2013, Amar Saadani, le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN, au pouvoir), appelle Charfi pour le menacer : s’il tient à conserver son maroquin, il doit extirper le nom de Chakib Khelil du dossier. « Ma réponse fut de fermer mon portable », racontera-t-il dans une lettre ouverte publiée dans la presse algérienne.

• Bis repetita

Pour avoir refusé d’obéir aux injonctions de Saadani, Charfi est limogé lors du remaniement de septembre 2013. Une nouvelle fois, on lui reproche d’avoir comploté contre le président.

• Vindicte

Il n’est pas le seul à avoir été puni dans cette affaire : le juge d’instruction qui a lancé le mandat d’arrêt contre Khelil a été limogé et muté. Belkacem Zeghmati, le procureur à l’origine des poursuites, a également été sanctionné. Réhabilité après la chute de Bouteflika, ce dernier est aujourd’hui ministre de la Justice.

• Assurance

À ceux qui lui reprochent d’avoir été un membre éminent du cercle présidentiel et d’être une relique de l’ancien système, il répond avec assurance : « Je ne fais pas partie de la bande. J’ai refusé toute fonction officielle après mon départ, en 2013. »

• Défiance

En dépit de sa réputation de magistrat intègre, sa nomination à la tête de la commission électorale, créée en septembre, peine à convaincre. Et pour cause : la présidentielle à venir suscite un très fort rejet au sein de l’opinion publique et d’une partie de la classe politique.

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