Dossier

Cet article est issu du dossier «Mobilité urbaine : où en sont nos métropoles ?»

Voir tout le sommaire
Transports

Transports urbains : à Bamako, cartographier pour mieux rouler

Dans les rues embouteillées de Bamako et ses bus verts

Dans les rues embouteillées de Bamako et ses bus verts © Alexandre Baron

Après l’instauration par le gouvernement d’une circulation alternée qui a bouleversé les itinéraires de bus, un projet de cartographie participative vise à les répertorier pour faciliter les déplacements.

Face aux embouteillages monstres aux heures de pointe dans la capitale malienne, Ibrahima Abdoul Ly, le ministre des Transports et de la Mobilité urbaine, a introduit au mois d’août le principe de circulation alternée. Les principaux axes routiers sont désormais à sens unique de 7 heures à 9 heures du matin, puis entre 16 heures et 19 heures. « L’objectif est de permettre aux travailleurs qui se rendent dans le centre d’y accéder dans un temps raisonnable », explique Mohamed Ould Mamouni, chargé de la communication du ministère.

Mais la circulation alternée ne séduit pas les usagers des minibus de couleur verte, connus sous le nom de Sotrama, coordonnés par les syndicats des transporteurs. Ils dénoncent une opération « séparatiste » qui a montré ses limites.

« À cause de ces nouveaux sens interdits, notre minibus Sotrama prend des routes secondaires en mauvais état. La poussière nous enveloppe, et les secousses nous fatiguent », regrette ainsi Aminata Koné, une usagère régulière des transports publics. « Mon arrêt habituel étant sur l’un des axes touchés par la circulation alternée, le minibus me dépose de manière aléatoire à l’intérieur des quartiers, je me perds régulièrement », poursuit-elle.

3 500 minibus sur 300 itinéraires différents

À Bamako, personne ne sait exactement combien de minibus sont en circulation. Les professionnels estiment qu’ils sont plus de 3 500 pour plus de 300 itinéraires différents, un chiffre difficile à vérifier. Même pour les Bamakois les plus chevronnés, il n’est pas aisé de trouver son chemin.

Pour remédier à cette situation, une initiative a été lancée par Nathalie Sidibé, sous forme de projet de cartographie participative soutenu par la Banque mondiale. Avec ses 17 enquêteurs, cette jeune responsable associative, qui a notamment travaillé pour le Pnud et leader de la communauté OpenStreetMap Mali, répertorie lignes et arrêts des minibus Sotrama.

Les syndicats des transports au Mali ont été associés à la collecte des données, et doivent intégrer, à terme, celles qui concernent les lignes des bus à grande capacité que le ministère compte mettre en circulation pour fluidifier les transports en commun en 2020.

Dans les rues de Bamako, en juillet.

Dans les rues de Bamako, en juillet. © Emmanuel Daou Bakary pour JA

« Nous avons entrepris ce projet à la fin de septembre, en commençant par former nos enquêteurs aux outils, avant la phase de collecte proprement dite des données concernant les lignes et les arrêts des Sotrama. Nous en sommes désormais à l’édition des données et à leur stockage sur la plateforme internationale OpenStreetMap », explique Nathalie Sidibé.

Il reste encore à convertir ces informations dans un format spécifique, le GTFS (General Transit Feed Specification), permettant leur exploitation grâce à une application mobile.

Une start-up devrait être créée pour élaborer un plan interactif, utilisable facilement par les Bamakois sur leur smartphone, à condition de disposer des financements nécessaires pour mener à bien ce projet.

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte