Musique

Ouganda : les mixes de DJ Kampire, entre fureur et sensualité

Réservé aux abonnés | | Par - Envoyé spéciale en Ouganda
Mis à jour le 12 novembre 2019 à 19h48
Sur les rives du Nil, à Jinja, 
en Ouganda, lors du festival Nyege Nyege.

Sur les rives du Nil, à Jinja, en Ouganda, lors du festival Nyege Nyege. © Sophie Garcia

Figure de proue du label Nyege Nyege Tapes, DJ Kampire cartonne en mêlant musique électronique et sonorités africaines.

Jinja, Ouganda, septembre 2019. Dans un labyrinthe de vieilles pierres rappelant le décor d’une aventure d’Indiana Jones, un dance floor niché sous des arbres au bord du Nil vibre sous les secousses des clubbers.

Face à eux, l’une des prestations les plus attendues du festival électro Nyege Nyege : celle de la DJ Kampire. L’ascension de cette artiste ougandaise ne cesse de se confirmer depuis le succès de son set immortalisé l’année dernière par la chaîne YouTube, Boiler Room, une référence de l’électro.

Née au Kenya de parents ougandais, Kampire Bahana a grandi en Zambie, bercée par le soukous congolais des années 1970 – qu’écoutait son père – avant d’être influencée par la pop sud-africaine d’Yvonne Chaka Chaka et de Brenda Fassie, puis par les sons des nineties. « Vivre en Afrique de l’Est donne un héritage musical très riche. Il y a plus de soixante groupes ethniques en Ouganda, chacun avec sa propre musique, et j’espère que cette diversité se retrouve dans mes sets », glisse l’artiste, qui cache bien son jeu – un mélange tout en fureur et en sensualité – derrière ses lunettes de jeune fille sage.

Dose de risque

De Paris (le 30 novembre au Hasard Ludique) à New York en passant par Shanghai et Barcelone – au festival Sónar –, Kampire agite les foules en mariant les sons de son enfance aux sons électroniques qu’elle grappille à travers tout le continent africain. « J’écoute tout le temps des nouveaux sons que j’intègre dans mes mix pour garder mes sets “frais”. Cela ajoute une dose de risque : tu peux te planter… Mais le public apprécie qu’il s’agisse plus d’une expérience en live que de quelque chose de déjà programmé. »

Ultra-créative, jouissant d’un succès fulgurant, la jeune DJ de 32 ans est à l’image des labels Nyege Nyege Tapes et Hakuna Kulala, fondés par l’équipe du festival Nyege Nyege, qu’elle représente. La magie Nyege Nyege (« l’irrésistible et soudaine envie de danser », en luganda) tient avant tout à une aventure collective animée par l’amour de la musique et de la fête, avec la volonté d’ouvrir les esprits dans un pays connu pour son conservatisme.

Créé en 2014, ce festival n’a cessé de lancer des collaborations hybrides entre artistes venus des quatre coins du globe au travers de sa programmation ou lors de résidences au Nyege Studio, à Kampala. « C’est Derek Debru, un des fondateurs du festival, qui m’a encouragée le premier en 2015, précise la DJ. J’avais toujours la main sur les playlists des fêtes qu’on organisait, et c’est lui qui m’a dit que je devrais mixer ».

Ambassadrice de la galaxie « Nyege » à l’étranger tout comme ses amis Hibotep (DJ et productrice somalienne), Rey Sapienz (producteur congolais) ou Otim Alpha (prince ougandais de l’Acholitronix), Kampire poursuit sa carrière sereinement, encore tout étonnée de sa popularité. Selon elle, Nyege Nyege peut se targuer d’être le seul événement réunissant autant de DJ et de productrices africaines (70 % de la programmation, soit plus d’une vingtaine d’artistes en activité). Une dynamique que Kampire souhaiterait poursuivre en amenant d’autres DJ africaines à se produire en Afrique et ailleurs, « party after party ».

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