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Cet article est issu du dossier «La bataille des hubs technologiques francophones»

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Technologie

Tech – La bataille des hubs : Dakar, le grand laboratoire

Depuis Dakar, où il a fondé sa start-up Intouch, le Sénégalais Omar Cissé a conquis de nombreux marchés, dont la Côte d’Ivoire.

Depuis Dakar, où il a fondé sa start-up Intouch, le Sénégalais Omar Cissé a conquis de nombreux marchés, dont la Côte d’Ivoire. © Sylvain Cherkaoui pour JA

« Un marché restreint, compétitif, un excellent laboratoire pour lancer une idée ! » C’est ainsi que l’entrepreneur Omar Cissé évalue la position de Dakar en matière d’attractivité pour les entreprises de la tech.

« Ici, quelle que soit votre idée, cinq autres personnes auront la même. Si votre affaire tourne, vous savez que vous pouvez vous ouvrir à d’autres marchés », estime l’entrepreneur de 42 ans, qui, avec son groupe de services financiers sur mobile Intouch, a conquis de nombreux marchés, dont la Côte d’Ivoire.

« Là-bas, il y a moins de start-up, mais le marché est bien plus important : nous avons mis six mois pour réaliser un chiffre d’affaires que nous n’avions atteint qu’au bout de deux ans au Sénégal. » Omar Cissé regrette surtout l’absence à Dakar d’un écosystème favorable au développement des start-up, qui manquent de solidité pour survivre à la compétition.

Agence spécialisée et armistice fiscal

À la tête du CTIC, incubateur pionnier dans le pays, Raymond Mendy pointe les lacunes en matière de formations, selon lui peu pratiques et peinant à suivre l’évolution des outils technologiques. « Les formations académiques ne préparent pas les étudiants à l’entrepreneuriat », regrette-t-il, ajoutant que les incubateurs manquent également d’expertise pour accompagner les jeunes pousses. Il critique aussi les évènements organisés par les grands groupes : « Les marques aiment bien se donner une image proche du numérique, mais c’est uniquement un positionnement institutionnel. Les start-up gagnent des concours et de petites enveloppes, mais ne se concentrent pas sur l’essentiel. »

Pour soutenir les structures les plus fragiles, le Sénégal s’est pourtant doté d’une agence spécialisée, la Délégation générale à l’entrepreneuriat rapide (DER). Son fonds consacré à l’économie numérique accompagne, grâce à une enveloppe de 3 milliards de F CFA (4,5 millions d’euros), une quarantaine de jeunes pousses. Bientôt, un Startup Act devrait venir booster cet écosystème, avec une batterie de mesures : armistice fiscal de six ans avec une forte réduction de l’impôt sur les sociétés pour les structures labellisées, réduction des charges sociales, avantages fiscaux pour les incubateurs…

Le parc Diamniadio prévu pour 2021

Le pays peut déjà se reposer sur des infrastructures de qualité : couverture de la 4G dans toutes les capitales régionales, plus de 100 % de pénétration mobile… « Dans la sous-région, le Sénégal est technologiquement en avance », affirme Thierno Sakho, directeur de l’investissement à la DER. Il reconnaît toutefois les points forts d’une Côte d’Ivoire « beaucoup plus business friendly ». De l’avis des professionnels, le cadre de vie de Dakar, la stabilité institutionnelle et la fameuse téranga peuvent toutefois faire pencher la balance du côté du Sénégal en matière d’attractivité.

Pour attirer les leaders internationaux et encourager ses PME, le pays mise sur son parc des technologies numériques de Diamniadio, qui devrait sortir de terre d’ici à 2021. Ce centre de 25 ha est destiné à attirer les grands noms de la tech, grâce à des infrastructures de télécoms modernes et des centres d’hébergement de données et de formation ; le français Atos doit notamment y installer une plateforme numérique.

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