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Cet article est issu du dossier «La bataille des hubs technologiques francophones»

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Tech – La bataille des hubs : Casablanca, le centre d’attraction

Le tissu des start-up se densifie, avec aujourd’hui 2000 entreprises (ici, le Casablanca Technopark).

Le tissu des start-up se densifie, avec aujourd’hui 2000 entreprises (ici, le Casablanca Technopark). © Valery SharifulinTASS via Getty Images

Dans la compétition que se livrent les métropoles francophones africaines, Casablanca s’appuie sur les atouts du Maroc : une population importante, mais aussi des liens économiques forts avec les pays d’Afrique de l’Ouest.

Par rapport à leurs rivaux tunisiens, le Maroc et sa capitale économique bénéficient de l’importance de leur population : le royaume peut compter sur 38 millions d’habitants, dont 3,3 millions à Casablanca, contre 12 millions pour la Tunisie, dont quelque 800 000 à Tunis. Qui plus est, il peut compter sur des liens économiques forts avec quelques pays ouest-africains, au premier rang desquels le Sénégal et le Mali.

« Des géants mondiaux comme Atos, IBM, Oracle, Sage ont choisi de s’installer à Casablanca et d’en faire une rampe de lancement vers l’Afrique », se félicite Saloua Karkri-Belkeziz, présidente de la Fédération marocaine des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring. Dans le sillage de ces grands groupes, le tissu des start-up se densifie progressivement, avec environ 2 000 entreprises. Casablanca concentre les trois quarts des incubateurs et des structures d’accompagnement des start-up.

Fonds de soutien et loi sur le crowdfunding

Mais, comme en Tunisie, le financement reste le talon d’Achille des jeunes pousses. Le Maroc ne se classe qu’à la quinzième place africaine en matière de levée de fonds pour les start-up technologiques, avec seulement 3 millions de dollars récoltés en 2018, contre le double en Tunisie. « Le royaume chérifien a connu un retard à l’allumage, mais le pays a su corriger le tir », estime toutefois Omar El Hayani, directeur d’investissement du Maroc Numeric Fund. Plusieurs modes de financement ont été mis en place, et les partenariats public-privé se renforcent.

« La branche investissement de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG Invest) a instauré un fonds de soutien à travers l’initiative 212 Founders, la loi sur le crowdfunding a permis de débloquer les levées d’argent en ligne, et la carte start-up, conçue avec l’Office des changes, permet désormais aux jeunes pousses d’acquérir les logiciels sur internet », égrène Saloua Karkri-Belkeziz. Omar El Hayani se réjouit, de son côté, de l’intérêt grandissant de trois géants bancaires – Attijariwafa Bank, BMCE et Banque populaire –, qui investissent jusqu’à 20 millions de dirhams (1,9 million d’euros) dans le secteur.

La connexion 5G attendue pour 2020

La capitale économique s’est dotée d’excellentes infrastructures en matière de connexion internet, et l’arrivée de la 5G, attendue pour l’année 2020, devrait permettre à Casablanca, siège de Maroc Telecom, de se positionner comme l’une des meilleures villes du continent en matière de connectivité. Avec 42 millions d’abonnements mobiles, le taux de pénétration des smartphones au Maroc a atteint 70 % en 2017. Par ailleurs, les téléphones sont devenus la première source d’accès à internet dans le royaume. Cependant, les entreprises du secteur sont confrontées à l’absence de data centers (serveurs d’hébergement en cloud). Par conséquent, les entreprises optent pour des hébergeurs à l’étranger et se trouvent dans l’obligation de gérer les problèmes de transfert de devises pour le paiement de ces services.

Reste la question des compétences. Si le Maroc forme des ingénieurs et des techniciens compétents, nombre d’entre eux sont attirés par l’étranger. « Plus de 2 000 jeunes quittent chaque année le pays, regrette Mehdi Alaoui, directeur de la Factory, une structure spécialisée dans le coaching des start-up. Même si les salaires augmentent de 20 % à 40 % par an pour les ingénieurs et les techniciens, cela n’est pas suffisant pour les retenir. »

 

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