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Cet article est issu du dossier «Santé : que valent vraiment les hôpitaux africains ?»

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Santé

Congo – Sylvain Villiard : « Brazzaville doit redevenir une destination médicale »

Sylvain Villard, directeur du CHU de Brazzaville, le 17 octobre 2019.

Sylvain Villard, directeur du CHU de Brazzaville, le 17 octobre 2019. © Baudouin Mouanda pour JA

Après avoir dirigé celui de Montréal, il est le nouveau patron du centre hospitalier universitaire de la capitale congolaise. Sa mission : en redorer le blason.

Jeune Afrique : Dans quel état avez-vous trouvé le CHU de Brazzaville (CHU-B) ?

Sylvain Villiard : Quand je suis arrivé à sa tête, le centre hospitalier était dans une situation difficile. Les investissements dans les bâtiments et dans les plateaux techniques n’ont pas été réalisés. Il manque des médicaments, mais aussi du matériel comme du réactif ou des films. Mais le personnel, lui, est très qualifié.

Notre objectif est de redorer le blason du CHU Brazzaville. Nous voulons en faire un centre de niveau international

Quelles sont vos missions ?

Par le passé, le CHU était une véritable destination médicale pour toute la sous-région. Notre objectif est de redorer son blason. Nous voulons en faire un centre de niveau international, redresser sa situation financière, améliorer ses plateaux techniques et revoir l’organisation du travail en général. Nous devons aussi nous pencher sur la convention entre l’hôpital et l’université, pour tout ce qui touche à la formation et à la recherche.

Nous voulons par ailleurs réorganiser la référence : en clair, avant de se rendre au CHU-B, les patients pourraient passer par un hôpital de base ou par un hôpital général. Logiquement, les habitants de Talangai, Makélékélé, Bacongo et Mfilou devraient d’abord se présenter dans les hôpitaux de ces arrondissements. On peut faire des exceptions pour les gens de Poto-Poto ou de Moungali, du fait de leur plus grande proximité avec le centre de la ville.

Qu’en est-il des Congolais qui vont se faire soigner à l’étranger ?

Notre but est de limiter, voire de faire cesser ces évacuations sanitaires, qui coûtent très cher à l’État. Dans certains cas, le budget nécessaire pour une mise à niveau des plateaux techniques est peu élevé, il est alors plus rentable d’investir que d’évacuer le patient. Le prêt de 12 milliards de francs CFA (18 millions d’euros) que nous a accordé la BDEAC nous le permettra.

En six mois, nous avons déjà réhabilité les consultations externes, et nous allons agir pour les urgences et la sécurité des lieux

Quel premier bilan tirez-vous de votre action?

En six mois, nous avons déjà réhabilité les consultations externes, et nous allons agir pour les urgences et la sécurité des lieux. Nous avons investi dans les plateaux techniques, dans les réactifs, les films et les médicaments pour assurer de bons diagnostics et des traitements adaptés.

Nous avons également fait en sorte que les sommes encaissées lors de la vente des médicaments soient utilisées pour en acheter de nouveaux, qu’elles ne soient pas redirigées vers d’autres postes. Je crois sincèrement que le CHU peut retrouver ses belles années, même si ça ne se fera pas du jour au lendemain.

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