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Devant le prestigieux Institut national polytechnique Félix-Houphouët-Boigny, à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire.

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Grandes écoles : que veulent les jeunes diplômés africains ?

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Mis à jour le 6 novembre 2019 à 15:55

Devant le prestigieux Institut national polytechnique Félix-Houphouët-Boigny, à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire.

JA est allé à la rencontre des étudiants des grandes écoles pour recueillir leurs attentes sur leurs futurs employeurs.

Notre enquête dans six pays francophones le montre, la nouvelle génération qui va sortir des grandes écoles d’ingénieur et de management veut clairement travailler dans le secteur privé. Si les entreprises actives sur le continent savent saisir cette opportunité, elles pourront s’appuyer sur leurs jeunes recrues – leurs dirigeants de demain – pour mieux s’adapter à des marchés où les moins de 25 ans représentent plus de la moitié de la population et les 15-24 ans autour de 20 % en moyenne. Mais la plupart des jeunes diplômés ne sont pas prêts à se mettre au service de n’importe quelle entreprise.

Multinationales et expatriations

De Tanger à Libreville, les attentes des étudiants de dernière année à l’égard des entreprises se ressemblent. Plus exigeants que leurs aînés sur le sens qu’ils veulent trouver dans leur travail, ils souhaitent aussi pouvoir bénéficier d’une certaine autonomie par rapport à leur management. Ils ont envie d’une expérience internationale – notamment panafricaine –, de perspectives à long terme, mais aussi d’entrepreneuriat.

Le chômage des jeunes, même qualifiés, reste très élevé, autour de 40 % au Gabon et de 35 % en Tunisie

Des souhaits parfois contradictoires et le plus souvent difficiles à satisfaire, en particulier dans des groupes africains restés à l’échelon national, faisant la part belle à l’ancienneté et à un management familial et vertical, ce qui peut entraîner des conflits de générations. D’où l’attraction pour les multinationales – et quelques groupes panafricains –, et pour l’expatriation qui transparaît dans les témoignages recueillis par les correspondants de JA dans une douzaine d’établissements africains de haut niveau.

Premier poste

Travailler pour le service public, ce qui représentait auparavant un idéal grâce à la perspective d’un emploi supposé garanti à vie, n’attire plus guère, notamment pour des raisons salariales – les États africains paient mal –, mais aussi managériales. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour les administrations dans les pays qui auraient besoin des meilleurs profils pour améliorer leur efficacité.

Même si les jeunes diplômés des grandes écoles ont des attentes fortes à l’égard de leurs futurs employeurs, ils font aussi part de leurs craintes de ne pas réussir à trouver un emploi. Le chômage des jeunes, même qualifiés, reste très élevé, autour de 40 % au Gabon et de 35 % en Tunisie selon la Fondation Mo Ibrahim. Les difficultés à décrocher un premier poste restent majeures, surtout pour ceux qui sont dépourvus d’un réseau familial, utile pour leur ouvrir des portes dans un secteur formel qui ne représente que 8 % environ des emplois en Afrique subsaharienne francophone et de 20 à 36 % au Maghreb, selon une étude de l’Organisation internationale du travail de 2018.