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Cet article est issu du dossier «Madagascar : les douze travaux de Rajoelina»

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BTP & Infrastructures

Madagascar : Tana dévoile enfin ses joyaux

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Mis à jour le 12 novembre 2019 à 15h14
Une vue d'Antananarivo, à Madagascar (photo d'illustration).

Une vue d'Antananarivo, à Madagascar (photo d'illustration). © Wikimedia Commons/Alex Dunkel/Visionholder

Modernisation de l’aéroport, fluidification du trafic routier, rénovation des palais… La capitale de Madagascar, Antananarivo, se réorganise et s’embellit pour prendre une nouvelle dimension.

En 2019, Antananarivo n’est encore qu’un point de passage pour touristes en transit vers Nosy Be, Tuléar, ou encore Sainte-Marie. Mais la capitale a vocation à devenir elle-même une destination touristique à part entière à l’horizon 2023. C’est ce que prévoit le gouvernement, qui souhaite pour cela voir la ville et ses principaux équipements changer, s’embellir et se moderniser.

À bout de souffle et incapable de digérer les flots de visiteurs supplémentaires, le vieil aéroport d’Ivato fait peau neuve. « Le chantier avance bien », assure Patrick Collard, le directeur général de Ravinala, constructeur et futur exploitant de l’infrastructure attendue dans les tout prochains mois. « Le travail le plus important porte sur la formation des équipes au sol, des douanes, des services de sécurité, et même des différents opérateurs économiques du site.

 

Terminal actuel de l'aéroport d'Antananarivo-Ivato.

Terminal actuel de l'aéroport d'Antananarivo-Ivato. © JialiangGao www.peace-on-earth.org, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

Au total, 700 personnes, toutes équipées de badges : « Une première dans l’aéroport », souligne le chef d’un chantier de 220 millions d’euros, dimensionné pour accueillir entre 1,5 et 1,8 million de passagers par an.

Pour atteindre le centre de la métropole, une nouvelle route a été mise en service en 2018, qui coupe à travers les rizières et désengorge l’antique RN4. Et, partout dans la ville, des dizaines de kilomètres de voirie ont été rénovés dès les premiers mois du mandat d’Andry Rajoelina. Les travaux ont provoqué des embouteillages monstres… Mais le trafic s’est légèrement fluidifié depuis. Afin d’améliorer encore la circulation, la mairie devra également évacuer les marchands des trottoirs pour – enfin – rendre ces derniers aux piétons.

Les embouteillages devraient se résorber et trois heures ne devraient plus être nécessaires pour parcourir les 15 kilomètres qui séparent la ville de l’aéroport

Elle devra aussi organiser les activités de Taxi-Be, les minibus locaux, en leur imposant de rénover leurs véhicules et surtout de respecter des arrêts déterminés, plutôt que de stopper inopinément au milieu de la chaussée pour prendre ou laisser des passagers. Les autorités ont aussi commencé à refouler du centre les charrettes à bras. Du coup, après une période de tension, les embouteillages devraient se résorber et trois heures ne devraient plus être nécessaires pour parcourir les 15 kilomètres qui séparent la ville de l’aéroport.

Symboles retrouvés

La capitale elle-même retrouve ses symboles. Des quartiers du nord au sud pourraient un jour prochain être reliés par un système de télécabines. La société française LST Transports, associée à un partenaire malgache, a présenté un projet en ce sens au début d’octobre, lors de la première mission organisée par le Medef dans le pays depuis près de quinze ans.

C’est toute la ville haute qui, à terme, doit retrouver son prestige pour être un jour classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Le périmètre identifié de 80 ha s’étend sur la crête qui domine la cité et l’emblématique lac Anosy. Il englobe différents musées, et surtout les palais du Premier ministre et de la reine, le Rova.

Lac Anosy, dans le centre d'Antananarivo,_

Lac Anosy, dans le centre d'Antananarivo,_ © Sascha Grabow by Wikimedia Commons

Ce dernier doit être rénové pour le 26 juin 2020, jour des 60 ans de l’indépendance, comme l’avait promis le président Andry Rajoelina. Pour éviter tout risque d’éboulement, les autorités devront aussi mettre un terme aux constructions anarchiques, voire détruire certains bâtiments construits illégalement par le passé. À la place, des jardins pourraient être aménagés – autant de passages vers les petites ruelles pleines de charme qui descendent vers la plaine.

En cours de réhabilitation avec le soutien de l’Agence française de développement (AFD), elles permettent de découvrir en déambulant les multiples secrets des royaumes malgaches. Et dans toute la ville, on peut joindre le gastronomique à l’historique, grâce aux nombreuses tables de renom, du Rossini à La Varangue, sans oublier les nouveaux venus comme L’Arrivage ou La Fabrik.

Ville nouvelle : Tana Masoandro

Mais la grande histoire du moment concerne le développement d’une ville nouvelle, baptisée Tana Masoandro. Sa réalisation est prévue en quatre phases, et les premiers travaux de terrassement doivent démarrer dès l’année prochaine. Elle doit permettre de désengorger la capitale en accueillant in fine plus de 300 000 personnes sur 1 000 hectares.

Outre les 20 000 logements déjà annoncés, le site verra également l’arrivée de nombreuses administrations de premier plan, dont certains ministères, ainsi que d’importantes zones commerciales et autres centres d’affaires. « L’État a déjà annoncé qu’il allait investir 650 millions d’euros dans les remblais et les équipements publics. Au secteur privé de contribuer pour le reste », tranche Gérard Andriamanohisoa, urbaniste et conseiller à la présidence sur ce dossier suivi de très près par Andry Rajoelina, qui espère bien couper les premiers rubans inauguraux avant la fin de son présent mandat.

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