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Cet article est issu du dossier «Afrique-France : du discours à la méthode»

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Banque de développement

Fonds Mondial – Donald Kaberuka : « Sur la levée de fonds, le président Macron a fait un travail exceptionnel »

L’ex-ministre rwandais de l’économie et des Finances, Donald Kaberuka

L’ex-ministre rwandais de l’économie et des Finances, Donald Kaberuka © Vincent Fournier/JA

Ancien patron de la Banque africaine de développement, le Rwandais, Donald Kaberuka, se félicite du volontarisme montré par la France lors de la conférence de Lyon.

Jeune Afrique : Quels étaient les principaux objectifs de la conférence de Lyon ?

Donald Kaberuka : D’abord lever des fonds, bien sûr, avec un objectif annoncé de 14 milliards de dollars qui, grâce au travail exceptionnel du président Macron, a pu être atteint. Dans le détail, et pour ce qui concerne l’Afrique, il y avait trois priorités : que les pays africains eux-mêmes soient plus nombreux et y contribuent davantage ; que les 14 milliards récoltés aient un effet de levier incitant les pays récipiendaires à mobiliser également leurs propres moyens et donc à augmenter leur budget de santé ; et enfin, que les pays mettent leur politique en conformité avec les objectifs affichés ici, c’est-à-dire, concrètement, qu’ils veillent à ce que toute leur population ait accès à la santé, sans discriminations et avec un système de couverture maladie universelle.

La coopération internationale est un peu en souffrance en ce moment, mais je crois que la France vient de prouver que ce n’était pas irréversible

La France a fait preuve un volontarisme évident lors de cette campagne de levée de fonds. à l’inverse d’autres pays semblaient se désengager. Confirmez-vous cela ?

Absolument. Lors de la reconstitution précédente, il y a trois ans, le Fonds avait recueilli 12,2 milliards de dollars. Mais, depuis, le multilatéralisme a reculé, la coopération internationale s’est un peu bloquée. C’est très difficile en ce moment, même les Nations unies ont des difficultés budgétaires.

Le rôle du président Macron a donc été vital : il a engagé toute sa diplomatie sur ce dossier, jusqu’au dernier jour il a appelé lui-même ses homologues partout dans le monde pour les inciter à donner… La France, qui fait par ailleurs beaucoup de choses à travers l’Agence française de développement (AFD), a vraiment joué un rôle capital.

Certains estiment pourtant qu’Emmanuel Macron a tendance aussi à délaisser la coopération multilatérale au profit du bilatéralisme…

C’est un mauvais procès, opposer multilatéralisme et bilatéralisme n’a pas de sens. L’AFD a de multiples projets dans de nombreux pays africains, pour moi c’est aussi du multilatéralisme. La coopération internationale est un peu en souffrance en ce moment, mais je crois que la France vient de prouver que ce n’était pas irréversible. Et d’ailleurs la Chine, qui a longtemps favorisé le bilatéralisme, s’inscrit de plus en plus dans le multilatéralisme. C’est un signe encourageant.

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