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Vie des partis

Madagascar : une opposition qui navigue à vue

Réservé aux abonnés | | Par - à Antananarivo
Marc Ravalomanana lors de l'élection présidentielle de décembre 2018. La proposition de loi sur le statut du chef de file de l'opposition, si elle était adoptée, le disqualifierait d'office.

Marc Ravalomanana lors de l'élection présidentielle de décembre 2018. La proposition de loi sur le statut du chef de file de l'opposition, si elle était adoptée, le disqualifierait d'office. © Themba Hadebe/AP/Sipa

Hétéroclites et désorganisés, sans leader véritable, les adversaires d’Andry Rajoelina se cherchent encore un statut au sein du Parlement.

Les débats qui ont inauguré l’ouverture de la deuxième session parlementaire le 14 octobre ont été aussi véhéments que ceux qui avaient conclu la session extraordinaire de mi-août. Et ce n’est pas la loi de finances 2020, pourtant inscrite comme priorité du jour, qui a été au centre des échanges, mais bien le statut officiel de l’opposition.

La question, récurrente, dispose pourtant d’une réponse claire depuis la Constitution de 2010, mais elle n’a jamais été appliquée. Plusieurs partis opposants comme le TIM de Marc Ravalomanana ou ce qu’il reste du HVM du précédent président Hery Rajaonarimampianina ont eu beau jeu d’envoyer quelques députés en première ligne pour alerter l’opinion, quand eux-mêmes n’ont rien fait pour résoudre l’équation lorsqu’ils en avaient l’occasion.

Cacophonie

« Cela est dû à l’évolution historique des partis malgaches. Jusqu’en 2000, faire de la politique signifiait défendre une idéologie claire. À partir de 2002, cela s’est effrité progressivement pour laisser la place à une défense d’intérêts ou de clans », estime Mahamoudou Ndriandahy, leader de la société civile. Les idéologies ont disparu et avec elles les anciens partis, Arema, Monima, MFM…

Ceux qui les ont remplacés restent difficiles à identifier, faute d’avoir su vraiment s’organiser. Et aujourd’hui encore, ils n’y parviennent toujours pas. Une plateforme baptisée HFI a un temps rassemblé plusieurs partis, avant qu’en août Marc Ravalomanana sorte de son chapeau sa propre coalition, réunie sous la bannière RMDM.

Les propres soutiens de l’ancien chef de l’État avaient pourtant eux-mêmes lancé un peu plus tôt le mouvement Dinike en sa faveur. Une cacophonie qui n’arrange pas la mauvaise image qui colle déjà à l’opposition en général. Trop de leaders compromis avec les régimes passés, trop de démagogues et d’opportunistes qui l’empêchent de définir une stratégie autre que la dénonciation des fraudes pour justifier ses échecs électoraux à répétition.

Divergences et querelles

Si elle veut tenter de redorer son blason, l’opposition va devoir surmonter les divergences et les querelles entretenues par des dirigeants incapables de se fédérer derrière un leader, soit-il constitutionnel. ­À bientôt 70 ans, Marc Ravalomanana rêve de revêtir le seul costume qu’il estime digne de le relancer.

Sans mandat législatif, le toujours leader du TIM est pourtant loin d’être assuré d’avoir le rôle qu’il entend jouer à l’Assemblée, alors que le Sénat reste toujours entre les mains fermes de l’ancien parti présidentiel HVM.

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