Assurances

Classement 2019 des 100 premiers assureurs africains, sur un marché en berne

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Siège de Sanlam

Le sud-africain Sanlam vise l’Éthiopie et l’Égypte (siège au Cap). © Crédit : Sanlam

Après une année encourageante, le secteur a marqué le pas en 2018 sur un marché de plus en plus concurrentiel, où les marges se contractent.

Dans certains pays, le ralentissement notable de la croissance économique en 2015 qui a suivi le repli des cours des matières premières, renforçant la vulnérabilité des économies du continent aux chocs externes, se fait encore ressentir.

Par ailleurs, la baisse des cours de change des devises continentales, dont seules trois affichent une performance positive par rapport au dollar, a aussi entraîné une dévaluation des montants libellés en devise américaine.

9,8 %, c’est la baisse du chiffre d’affaires combiné des 100 plus grands assureurs du continent

Dans notre palmarès, le chiffre d’affaires combiné des 100 plus grands assureurs fait ressortir une baisse annuelle de l’ordre de 9,8 %, à 41 milliards de dollars en 2019 après avoir atteint 45,5 milliards de dollars en 2018. Cette baisse tire vers le bas la profitabilité, qui a décliné de 5,8 %, passant de 4,96 milliards de dollars à 4,67 milliards. La marge nette agrégée avoisine ainsi les 11,3 %. Parmi les dix plus grandes sociétés du classement, huit ont accusé une baisse du résultat net allant de 5 % à 42 %.

L’année précédente, des signes d’une relance du secteur avaient pourtant émergé. Selon les derniers chiffres de l’Organisation des assurances africaines (AIO), publiés le 10 juin 2019, les primes collectées par les sociétés d’assurance du continent en 2017 avaient bondi de 12 %, pour atteindre 66,7 milliards de dollars. L’assurance vie contribuait à près de 67 % du total, bien que son taux de pénétration de 2 % restait en deçà de la moyenne internationale de 3,3 %.

Les 200 premières banques africaines

Domination sud-africaine

L’AIO indique que l’augmentation du chiffre d’affaires était notamment due à une amélioration des taux de change de certaines devises africaines. « En réponse à l’érosion des marges, certains assureurs internationaux ont réduit leur présence en Afrique alors que des sociétés africaines d’envergure régionale ont comblé le vide en cherchant à s’étendre à des marchés avoisinants », a expliqué le groupement professionnel basé à Douala, au Cameroun.

25,7 milliards de dollars, c’est le montant du chiffre d’affaires combiné des assureurs d’Afrique du Sud, leaders incontestés du marché

L’Afrique du Sud, dont le marché des assurances est le plus important du continent, domine encore le secteur avec onze sociétés parmi les dix-sept plus grands acteurs africains. Leur chiffre d’affaires cumulé de 25,7 milliards de dollars compte pour plus de 62 % du total des 100 établissements. Les sept premiers assureurs, tous sud-africains, restent indétrônables, chacun conservant son rang de l’an dernier. Mais même sur ce marché, les assureurs sont à la peine : Sanlam, toujours premier au classement, a vu son chiffre d’affaires chuter de près de 42 % l’an dernier, tandis que le chiffre d’affaires de son concurrent le plus proche, Indequity Group, a baissé de 6 %.

La nation Arc-en-Ciel est suivie, loin derrière, par le Maroc avec six groupes dans le top 18, soit 4,2 milliards de dollars de primes émises. Saham Finances, le premier assureur marocain, pèse quatre fois moins en chiffre d’affaires que Sanlam, et huit fois moins en résultat net.

Au Togo, la Compagnie commune de réassurance des États membres de la CIMA a grimpé de 16 rangs (62e), et l’African Trade Insurance Agency, basée au Kenya, a gagné 14 rangs (75e). À l’opposé, Nossa Seguros, en Angola – pays dont la devise nationale s’est dépréciée de 46 % en 2018 – cède 20 places et ferme le classement, et la société tunisienne Assurances Maghrebia recule de 17 places pour occuper la 83e marche, alors que le cours du dinar a décliné de plus de 17 % en 2018.

Flambée des dédommagements

Parmi les sociétés qui ont accepté de communiquer leurs résultats comptables, Britam Holdings (Kenya) a affiché la plus grande perte des trois sociétés déficitaires du classement. La croissance du secteur reste négative en Angola et au Nigeria, les deux plus grands pays producteurs de pétrole du continent. Dix sociétés sont sorties du palmarès, soit autant de nouveaux entrants, contre huit l’an dernier.

Le prochain classement pourrait bien voir Sunu Assurances gagner du terrain. La société sénégalaise a en effet signé cette année un accord avec l’allemand Allianz pour l’acquisition de cinq filiales présentes dans quatre pays du continent.

Par ailleurs, les sociétés travaillant en Afrique australe pourraient faire face à une flambée des dédommagements après le passage du cyclone Idai, qui a ravagé en mars 2019 le Mozambique et, dans une moindre mesure, le Malawi et le Zimbabwe, coûtant la vie à au moins 1 300 personnes et causant des dommages estimés à plus de 2 milliards de dollars.

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