Banque

Banques : dans la zone CFA, le géant Ecobank est rattrapé par ses concurrents marocains et français

Ecobank a largement renouvelé son équipe de direction depuis trois ans. Ici, le siège de Lomé.

Ecobank a largement renouvelé son équipe de direction depuis trois ans. Ici, le siège de Lomé. © Michel Aveline pour JA

Conséquence du recul du géant panafricain et de la pression de ses concurrents (principalement marocains et français), jamais l’écart entre les leaders de la zone franc n’a été aussi resserré.

Ecobank Transnational Incorporated (ETI) conserve sa couronne mais a rarement été aussi exposé à la menace des prétendants au trône. Présent dans les quatorze pays de la zone franc – contrairement à ses concurrents –, le groupe bancaire affiche en 2018 un total de bilan cumulé de 5 500 milliards de francs CFA (8,4 milliards d’euros).

Pourtant, son avance est à son niveau le plus bas depuis la première édition de notre baromètre, en 2015. Ecobank affirme que le renforcement de sa politique de prêts et la « rationalisation » de son empreinte géographique depuis trois ans ont assaini son bilan, au prix d’une contraction de ses encours de crédits, de ses revenus, de son réseau d’agences et de ses effectifs. Dans ces quatre catégories, ETI a en cinq ans cédé l’or pour le bronze.

L’offensive du marocain Attijariwafa accroît la pression sur le français Société générale

Si le groupe panafricain parie sur les futures retombées de ses investissements dans le numérique, ses concurrents français et marocains n’ont pas non plus chômé. La Société générale (SG) a progressé à grandes enjambées, en zone Uemoa notamment, grâce à sa locomotive ivoirienne, SGBCI, qui a doublé son avance sur la filiale d’ETI dans ce pays en matière de bilan et de revenus.

Au Sénégal et au Burkina Faso, la distance a été maintenue. Moins flamboyante dans la zone Cemac, la SG a pu jouer de son avantage de banque internationale en se positionnant sur le mégaprojet du barrage de Nachtigal, au Cameroun.

Les 200 premières banques africaines

Bataille entre challengers

De fait, la bataille semble encore plus intense entre les challengers d’Ecobank. Dernier arrivé dans la région, en 2012, quatre ans après ses compatriotes Attijariwafa Bank et BMCE Bank, le groupe Banque centrale populaire (BCP) reste encore au pied du podium, avec un bilan de 3 440 milliards de francs CFA.

Il y a fort à parier, cependant, que l’intégration des filiales du français BPCE au Cameroun et au Congo permettra à son bilan de passer le cap des 4 000 milliards de francs CFA, rejoignant dans un mouchoir de poche ses concurrents chérifiens.

Ces derniers conservent toutefois leur dynamisme. Pour la deuxième année d’affilée, Attijariwafa se classe parmi les champions de la croissance, qu’il s’agisse des revenus, des actifs ou des crédits. Une offensive qui, dans le match opposant les banques marocaines à leurs rivales françaises, accroît la pression sur la SG, qui reste le seul groupe hexagonal à parier gros sur l’Afrique. Après BPCE en 2018, BNP Paribas a annoncé son intention de céder quatre filiales dans la zone CFA.

Seule véritable ombre au tableau : les banques d’Afrique centrale. Si BGFI reprend péniblement des couleurs, après trois années de croissance atone, Afriland a, pour sa part, disparu des radars faute d’avoir fourni des données à jour. Un silence qui vaut renoncement ?

ecobank

Abonné(e) au magazine papier ? Activez gratuitement votre compte Jeune Afrique Digital pour accéder aux contenus réservés aux abonnés.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte