Cinéma

Algérie-France : dix choses à savoir sur Mounia Meddour, la réalisatrice de « Papicha »

La réalisatrice franco-algérienne Mounia Meddour, le 17 mai 2019 au Festival de Cannes.

La réalisatrice franco-algérienne Mounia Meddour, le 17 mai 2019 au Festival de Cannes. © Arthur Mola/AP/SIPA

À 41 ans, la réalisatrice franco-algérienne signe son premier long-métrage. Projeté en mai au Festival de Cannes et sorti le 9 octobre en France, « Papicha » a déjà été repéré par l’Académie des oscars.

1. Au nom du père

Elle naît en 1978, à Moscou, d’une mère russe et d’un père algérien venu étudier le cinéma à la célèbre école VGIK. De retour en Algérie, Azzedine Meddour réalisera plusieurs longs-métrages, dont La Montagne de Baya (1997).

2. Déracinée

Elle a 18 ans lorsque son père, menacé de mort par les islamistes, choisit l’exil. La famille s’installe en France, et, longtemps, la jeune fille se sentira déracinée. Aujourd’hui mariée au réalisateur et producteur français Xavier Gens, elle possède la double nationalité.

3. Son et image

Après des études de journalisme à Alger, elle apprend la production en France, au Centre européen de formation à la production de films (CEFPF), et, pour la réalisation, fait un passage à l’École nationale supérieure des métiers de l’image et du son (Fémis), également à Paris.

4. Kateb Yacine

Après plusieurs documentaires et courts-métrages, Papicha est son premier long-métrage. Il raconte l’histoire d’une étudiante, Nedjma – ainsi baptisée en l’honneur du chef-d’œuvre de Kateb Yacine – , qui combat les islamistes à l’université d’Alger en organisant un défilé de mode pendant la guerre civile des années 1990.

5. Spice Girls

À cette même époque, une « papicha » était une jeune fille coquette, plutôt libre. « C’est une expression typiquement algéroise, qui véhicule une certaine [idée de] résistance au sein de cette décennie noire », explique la réalisatrice. Elle-même, poursuit-elle, a été « une papicha sans le savoir », qui avait des relations amoureuses, sortait en boîte de nuit et écoutait les Spice Girls.

Un film plein de chaleur et parfois d’humour malgré son sujet très sombre

6. Festivals

Présenté à Cannes en mai, dans la catégorie Un certain regard, Papicha a été plutôt bien accueilli par la critique. Le magazine britannique Screen International, par exemple, évoque un film « plein de chaleur et parfois d’humour malgré son sujet très sombre ». Il a également été distingué lors du Festival du film francophone d’Angoulême, en août.

7. Badges

Quand le film est présenté à Cannes, Abdelaziz Bouteflika a déjà démissionné de la présidence, en Algérie, mais les manifestations contre « le système » continuent. Sur la Croisette, l’équipe du film arbore des badges de soutien.

Le film a coûté 1,2 million d’euros, un budget important pour un film maghrébin

8. Blocage

Le film a coûté 1,2 million d’euros – un budget important pour un film maghrébin. Il a été tourné pendant cinq semaines en Algérie, avec le soutien des autorités, qui ont participé à son financement alors qu’elles avaient mis plus de deux ans à donner leur feu vert. Sans aucune explication, celles-ci ont ensuite bloqué sa sortie, prévue à la fin de septembre.

9. Exception

Pour Papicha, l’Académie des oscars a décidé de faire une exception à la règle qui veut que, pour concourir, un film soit diffusé avant la fin de septembre dans le pays qui le présente en compétition. Cela étant, la route est encore longue : ladite académie doit publier en décembre une short list des films en lice, puis, en janvier, une liste définitive.

10. Houria

L’histoire de son prochain long-métrage, qui est déjà en phase de production, se situera à nouveau en Algérie. Houria – son titre provisoire – évoquera « cette génération qui a vécu la guerre civile et a réappris à vivre en dépassant ses traumatismes ».

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