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Politique

[Édito] Mauritanie : un changement dans la continuité ?

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Par  Cécile Manciaux

Journaliste à Jeune Afrique depuis 2008, Cécile Manciaux est rédactrice en chef adjointe, responsable de la section « Grand format » de l’hebdomadaire. Ses principaux centres d'intérêt : l’aménagement et le développement urbain, le droit électoral, les religions, les trésors linguistiques.

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Les présidents Aziz (à droite) et Ghazouani, lors de l'investiture de ce dernier à Nouakchott, jeudi 1er août 2019 (image d'illustration).

Les présidents Aziz (à droite) et Ghazouani, lors de l'investiture de ce dernier à Nouakchott, jeudi 1er août 2019 (image d'illustration). © Présidence sénégalaise

L’investiture du nouveau chef de l’État, Mohamed Ould Ghazouani, le 1er août, a été l’occasion de la première passation de pouvoir entre un président et son successeur tous deux élus. Une évolution qui ne s’accompagnera pas nécessairement d’un renouveau politique, et en tout cas certainement pas d’une rupture.

Ni tout à fait la même. Ni tout à fait une autre. La Mauritanie change-t-elle vraiment ? À la mi-2018, sa capitale accueillait le sommet de l’Union africaine (UA), l’occasion de moderniser un peu son centre-ville, de s’offrir un second Palais des congrès (non loin du nouvel aéroport) et de confirmer la place du pays sur l’échiquier international.

Un rôle qui s’exprime sur la scène politique, au niveau sécuritaire et, désormais, sur le plan économique. Car les choses changent aussi côté business, quoique lentement. Le climat des affaires reste peu propice à l’essor du privé. L’économie demeure principalement minière et rentière, donc fragile et source d’inégalités. Pourtant, malgré la chute des cours du fer, la courbe de croissance est résolument ascendante, grâce – enfin ! – aux bons résultats des secteurs non extractifs… et au développement du projet gazier offshore.

Vers un renouveau politique ?

Ces évolutions s’accompagneront-elles d’un renouveau politique ? Dans ce pays où les coups d’État se sont succédé pendant trente ans, de 1978 à 2008, l’investiture de Mohamed Ould Ghazouani, le 1er août, est la première passation de pouvoirs « normale », entre un président et son successeur tous deux élus au suffrage universel direct. Anciens compagnons d’armes et amis intimes, tous deux étaient membres du conseil militaire qui a destitué l’ancien président Maaouiya Ould Taya en août 2005. Ils ont organisé ensemble le coup d’État qui a renversé Sidi Ould Cheikh Abdallahi en août 2008. Ils ont préparé ensemble les élections de 2009, de 2014 et de 2019…

Ce changement d’homme sera-t-il suivi d’un changement de politique, de projets, de méthode ? Pas nécessairement. Et toute rupture est a priori exclue. Pour le moment, le nouveau chef de l’État prend ses marques et semble vouloir, comme il l’avait répété pendant sa campagne, inscrire son mandat « dans la continuité » de celui d’Ould Abdelaziz. Sans être tout à fait le même.

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