Pétrole & Gaz

Nigeria : redressement ou hausse de la production pétrolière, bras de fer au sein du pouvoir nigérian

Abubakar Malami, ministre nigérian de la Justice, et Timipre Silva, ministre nigérian du Pétrole

Abubakar Malami, ministre nigérian de la Justice, et Timipre Silva, ministre nigérian du Pétrole © Crédit : Blossom Ozurumba

À Abuja, le gouvernement se retrouve tiraillé entre les efforts d’Abubakar Malami, ministre de la Justice, qui veut infliger un redressement de 62 milliards de dollars aux majors pétrolières en vertu d’une loi de 1994, et Timipre Silva, ministre du Pétrole, qui a pour objectif de les pousser à doubler leur production d’ici 2025.

Soixante-deux milliards de dollars. C’est la somme que le ministre nigérian de la Justice, Abubakar Malami, réclame aux majors pétrolières installées dans son pays pour non-respect de la réglementation sur le partage des revenus. Parmi les premières concernées, Shell, ExxonMobil et Chevron, qui sont les plus importants producteurs du pays.

Pour motiver sa demande, il se fonde sur une loi fédérale datant de 1993 stipulant que, au-delà d’un prix plancher de 20 dollars le baril, les groupes extractifs devaient augmenter la part reversée à l’État. Le prix du baril de Brent était à 17 dollars en moyenne cette année-là. Depuis, le baril de brut a atteint des sommets, plus de 100 dollars en 2014 avant de redescendre autour de 60 dollars actuellement sans que l’État ait vu sa part augmenter. Abuja estime donc avoir été « mené en bateau » par ses partenaires. Reste que le mode de calcul de la répartition des revenus pétroliers n’est pas clairement défini par cette loi vieille de vingt-six ans.

Des discussions serrées

En s’attaquant aux géants de l’or noir, le ministre de la Justice ne rend pas la tâche facile à son collègue Timipre Silva, ministre du Pétrole depuis à peine deux mois. Alors que le président Buhari lui a fixé pour objectif d’atteindre les 4 millions de barils à l’horizon 2025 – soit pratiquement le double de la production de 2018 –, il aurait bien besoin du soutien des compagnies internationales pour doper leurs projets. Il pourrait plaider la modération au prochain conseil des ministres.

Le gouvernement a aussi adressé des amendes pour un montant total de 20 milliards de dollars aux compagnies pour manquement à leurs obligations fiscales

Comme souvent lors des conflits avec des groupes internationaux au Nigeria, la somme demandée – contestée en justice – semble pharaonique, mais peut être revue à la baisse après négociation. En 2015, Abuja réclamait 5,2 milliards de dollars à l’opérateur sud-africain MTN pour la non-déconnexion des numéros des clients non identifiés. Il a finalement soldé son différend pour 1,43 milliard de dollars, avec un paiement échelonné de 2018 à 2019.

Mais les discussions s’annoncent serrées. D’autant que, au début de 2019, le gouvernement a aussi adressé des amendes pour un montant total de 20 milliards de dollars aux compagnies pour manquement à leurs obligations fiscales.

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