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Cet article est issu du dossier «Pétrole et gaz : un renouveau africain ?»

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Pétrole & Gaz

Au Maroc, les découvertes de gaz s’enchaînent mais restent limitées

Site gazier de Sebou, exploité par SDX Energy

Site gazier de Sebou, exploité par SDX Energy © SDX Energy

Même si plusieurs juniors d’exploration ont trouvé des réserves, leur entrée en exploitation ne modifiera pas la donne énergétique dans le royaume.

En septembre, l’annonce faite par la compagnie britannique Chariot Oil & Gas Limited de sa découverte de gaz n’est pas passée inaperçue au Maroc. L’entreprise, qui explore les fonds de l’Atlantique au large de la ville de Larache, a annoncé avoir débusqué une réserve de gaz récupérable qui avoisine les 2 000 milliards de pieds cubes, mise à jour par le texan Netherland Sewell & Associates Inc.

« La zone avait déjà été explorée il y a une dizaine d’années par le groupe espagnol Repsol avec des données sismiques 3D, mais ils avaient estimé que le potentiel n’était pas assez rentable pour y investir. Chariot Oil & Gas Limited a foré sur une profondeur plus importante », nous raconte une source au sein de l’Office national des hydrocarbures et des mines (Onhym).

Les annonces de ce type sont apportées avec une grande prudence afin d’éviter de donner de faux espoirs à la population. L’épisode de Talsint, au début des années 2000, du nom d’un projet marocain dont les réserves avaient été très largement surestimées – une découverte de 100 milliards de barils avait été annoncée dans la presse marocaine, finalement ramenée à 1 milliard de barils… non exploitables – a laissé des traces.

Tapis rouge pour les compagnies gazières

Larry Bottomley, le directeur général de Chariot Oil & Gas Limited, a assuré aux investisseurs que la découverte représentait une opportunité pour sa compagnie, avec des coûts de forage réduits, mais il est resté prudent sur l’avenir du projet. Au mois d’avril, une autre junior, Predator Oil & Gas, a annoncé la découverte de 474 milliards de pieds cubes dans la région de Guercif. Elle prévoit de vendre sa production aux usines de ciment de la région.

L’Onhym estime à 2,4 milliards de dirhams (233 millions d’euros) l’investissement global dans les forages au Maroc sur l’année 2019

L’Onhym, entité publique qui détient de droit 25 % de chaque concession, déroule le tapis rouge pour attirer les groupes actifs dans l’exploration gazière. Ces derniers bénéficient d’une exonération totale de l’impôt sur les sociétés pendant une période de dix ans et doivent s’acquitter d’un loyer de 100 dollars par kilomètre carré annuellement.

L’Onhym estime à 2,4 milliards de dirhams (233 millions d’euros) l’investissement global dans les forages au Maroc sur l’année 2019, mais les découvertes sont pour le moment modestes. Les plus importantes étant celle de Chariot Oil & Gas de septembre, celle de SDX Energy de 2018, ainsi que celle de Sound Energy, de 2016, tous les trois britanniques.

SDX Energy commence le forage de douze nouveaux puits

SDX Energy dispose de cinq concessions dans le Gharb (Centre-Nord). Il en extrait du gaz depuis 2018, ce qui permet l’électrification des usines installées dans le parc industriel de Kenitra. Le groupe britannique devrait entamer le forage de douze nouveaux puits, pour quelque 33 millions de dirhams.

Sound Energy, de son côté, a failli plier bagage en mai dernier à la suite du potentiel décevant du puits TE-10 à Tendrara. Après quoi, le management s’est penché sur une réduction des coûts opérationnels. « Ils sont présents sur trois concessions dans le nord-est du pays et aussi vers Essaouira. Ils devraient aussi commencer à produire sur le site du Grand Tendrara », indique notre source à l’Onhym.

Quatre compagnies à pied d'oeuvre

Quatre compagnies à pied d'oeuvre © JA

Une production qui sera vendue exclusivement à l’Onee, à la suite d’une négociation entre le gouvernement marocain et le management de l’entreprise. Après plus de cent ans d’exploration du sous-sol marocain, les groupes extractifs confirment tous le potentiel du pays, mais les découvertes restent très timides pour l’instant.

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