Économie

Eni mis en cause pour corruption au Congo-Brazzaville

Depuis mars 2017, la justice italienne est mobilisée par un montage pétrolier suspect impliquant des hauts cadres dirigeants d’Eni, qui se sont assuré une participation indirecte substantielle dans le champ gazéifère offshore Marine XI, au Congo, valorisé à 2 milliards de dollars, par l’intermédiaire de World Natural Resources Congo (WNR).

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Mis à jour le 17 octobre 2019 à 10:58

Site d’Eni au Congo-Brazzaville © Crédit : jbdodane

Cette mystérieuse société, elle-même filiale de deux holdings créés et immatriculés en 2013 à l’île Maurice, a acquis 23 % des parts de Marine XI aux côtés du britannique Soco, de Petro Vietnam et de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC). Elle n’a déboursé que 15 millions de dollars quand il aurait été légitime de payer cette acquisition 430 millions de dollars, d’après l’hebdomadaire italien L’Espresso.

Selon l’ONG Global Witness, quatre dirigeants de WNR entretiennent des liens étroits avec la major italienne : Maria Paduano, avocate, employée par Eni, directrice fondatrice et actionnaire de WNR, Roberto Casula, responsable du développement, des opérations et des technologies du groupe italien (également accusé dans l’affaire nigériane de l’OPL 245) ; ainsi qu’Andrea Pulcini et Alexander Haly.

Les procureurs milanais, qui ont fait des perquisitions au siège de la major sur ce dossier en avril 2018, cherchent à savoir si les relations entre Eni et WNR ne dissimuleraient pas des pots-de-vin versés à des hauts responsables congolais pour favoriser les activités de l’italien dans le pays, où il est l’un des principaux producteurs d’hydrocarbures.