Diplomatie

Cameroun-France : le grand retour de Paul Biya sur la scène diplomatique

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Le couple présidentiel camerounais, avec Emmanuel Macron, à Lyon, le 9 octobre.

Le couple présidentiel camerounais, avec Emmanuel Macron, à Lyon, le 9 octobre. © Laurent Cipriani/AP/SIPA

Arrivé à Lyon le 8 octobre, Paul Biya a profité de sa présence à la conférence du Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose pour faire son grand retour sur la scène diplomatique.

Le 10 octobre, le chef de l’État camerounais s’est entretenu durant quarante-cinq minutes avec Emmanuel Macron, qui s’est montré bien disposé à son égard. Chantal Biya, la première dame, et Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères, se sont joints à eux.

Image du Cameroun à l’étranger

Selon nos sources, Paul Biya a paru très soucieux de l’image du Cameroun à l’étranger et du risque de voir s’éloigner ses partenaires. De son côté, le président français a insisté sur le fait que, selon lui, la répression n’est pas le meilleur moyen de résoudre le conflit anglophone, contrairement à ce que certains sécurocrates de Yaoundé suggèrent à son homologue. Il l’a aussi encouragé à appliquer rapidement les conclusions du « grand dialogue national ».

En organisant ce dialogue, puis en libérant le 5 octobre son opposant Maurice Kamto et en annonçant la libération de 333 prisonniers anglophones, Biya a montré qu’il n’était pas insensible aux pressions internationales.

Lors de sa réélection, il y a un an, le Camerounais avait reçu un courrier confidentiel de Macron, daté du 25 octobre 2018, le félicitant pour sa victoire mais exprimant aussi la « préoccupation profonde » de la France au sujet de la crise anglophone. Face aux députés ou lors de points de presse, Le Drian n’a jamais manqué d’appeler au dialogue. Les États-Unis, par la voix de Tibor Nagy, leur secrétaire d’État adjoint aux Affaires africaines, et par le biais d’une résolution du Congrès, se sont eux aussi livrés à un intense lobbying en ce sens.

Selon l’Élysée, la venue de Paul Biya à Lyon avait été prévue « bien avant » la libération de Kamto, la première dame étant très engagée dans la lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose.

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