Mode

Kona, la mode pour des femmes par des femmes

Depuis 2017, la griffe participe deux fois par an à la Kampala Fashion Week.

Depuis 2017, la griffe participe deux fois par an à la Kampala Fashion Week. © Giulio Molfese

Marque d’accessoires et de prêt-à-porter créée par deux sœurs indiennes établies en Ouganda, Kona fait exclusivement appel à des coopératives féminines.

«Kona » est un mot que l’on retrouve à la fois dans le vocabulaire du swahili, du luganda et de l’hindi, et qui signifie « angle » dans chacune de ces langues. C’est donc tout naturellement que Bhavya Kalsi, 39 ans, et Nimisha Kalipurayath, 32 ans – deux sœurs indiennes nées et installées en Ouganda –, l’ont choisi pour nommer leur marque d’accessoires et de prêt-à-porter en 2012.

« Les Indiens sont arrivés en Ouganda il y a plus d’un siècle pour la construction des chemins de fer. Nos parents sont, eux, venus dans les années 1990 pour affaires. Cela fait donc plus de vingt ans que notre famille est installée à Kampala. »

Techniques de broderie indiennes

Les deux sœurs ont d’abord confectionné des bijoux, des sandales, de la maroquinerie (sacs à dos, besaces et pochettes, à partir de coton indien, de batik, de wax, de kitenge, etc.), mais aussi des objets de décoration dans le garage de leur maison avant d’établir boutique et atelier dans la capitale ougandaise. Le tout à des prix abordables, à partir de 10 dollars (soit environ 9 euros). Et il y a deux ans, elles se sont lancées dans le prêt-à-porter.

Certaines de nos pièces sont multifonctions. Des vestes peuvent être portées comme des robes

« Il y a énormément de similarités entre les cultures indienne et ougandaise. Ces deux pays forment pour nous les deux lignes directrices d’un angle qui fait la part belle au lifestyle, à la slow fashion, au recyclage, au marché local et aux femmes », fait remarquer Bhavya Kalsi. Par exemple, elles utilisent des techniques de broderie indiennes, comme le piqué kantha, de vieux jeans pour la confection de vestes. « Certaines de nos pièces sont multifonctions. Des vestes peuvent être portées comme des robes. Nos boucles d’oreilles sont en pierres semi-précieuses. Et nos sacs sont fabriqués dans des matières comme le cuir de poisson. »

Produits recyclés

Pour la main-d’œuvre, les deux sœurs font exclusivement appel à des coopératives de femmes ougandaises. De la gérante de la boutique aux employées de l’atelier, on ne trouve que des femmes chez Kona – au nombre d’une quinzaine aujourd’hui.

« Elles font partie de notre famille. Évidemment, nous leur fournissons un salaire, mais aussi des cours d’informatique et des ateliers éducatifs afin de les aider à améliorer leur quotidien. Parfois, nous nous approvisionnons en produits recyclés auprès d’elles. Nous tenons à ce que notre équipe soit composée de femmes africaines à 70 % ou 80 %. »

La marque est principalement connue en Afrique de l’Est, notamment en Ouganda et au Kenya, et les produits sont seulement disponibles en ligne. « Nos clients viennent d’un peu partout. Dernièrement, nous avons effectué des ventes aux États-Unis, au Canada, mais aussi en Corée du Sud et en Australie. Sans oublier l’Inde. »

Depuis 2017, Kona prend part à la Kampala Fashion Week deux fois par an. La dernière édition s’est déroulée du 26 au 28 septembre. « Nous avons notamment présenté des colliers dont chaque élément est fait à partir d’un morceau de tissu utilisé pour notre prêt-à-porter. Cette collection était le fruit d’un recyclage total. Pour nous, le moindre bout de tissu, même déjà recyclé, est matière à création. »

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