Elections

Présidentielle en Algérie : vers un duel inédit entre Ali Benflis et Abdelmadjid Tebboune ?

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Si leurs candidatures se confirment, les électeurs algériens pourraient assister à un duel inédit lors de la présidentielle du 12 décembre : Ali Benflis et Abdelmadjid Tebboune, deux anciens Premiers ministres du chef de l’État déchu, Abdelaziz Bouteflika, s’affronteraient pour pimenter un scrutin au contexte déjà assez particulier.

Le premier se prépare depuis des années, le second vient de sortir du bois. Tous deux ont retiré leur formulaire de candidature à la présidentielle du 12 décembre. Ne leur reste plus qu’à le déposer dûment rempli au Conseil constitutionnel pour validation. Un duel inédit se déroulerait alors sous nos yeux. Ali Benflis et Abdelmadjid Tebboune : deux anciens Premiers ministres du chef de l’État déchu, Abdelaziz Bouteflika, s’affronteraient pour la conquête du palais d’El Mouradia, pimentant cette élection au contexte déjà assez particulier.

Ce serait la troisième fois pour Ali Benflis, 75 ans. Candidat malheureux en 2004 et en 2014 contre Bouteflika, celui qui dirigea le gouvernement de 2000 à 2003 a pris son temps avant d’annoncer sa participation à ce scrutin. Après avoir exigé des mesures d’apaisement avec, comme préalable, la libération des prisonniers d’opinion, ce natif des Aurès juge que seule une élection présidentielle peut sortir l’Algérie de l’impasse dans laquelle elle se trouve depuis la révolution de février.

Deux candidats du « système » ?

Ses atouts ? Son expérience de Premier ministre et de secrétaire général du FLN, sa connaissance des rouages de l’État, sa réputation d’intégrité, ainsi qu’un réseau de militants et de soutiens dans plusieurs régions du pays. Même largement battu en 2014 au cours d’un scrutin entaché, selon lui, de fraude, Benflis avait réussi à obtenir plus de 1 million de voix.

Ses handicaps ? Son appartenance au « système » et avoir été pendant plus de trois ans le collaborateur direct de Bouteflika. Mais c’était il y a fort longtemps et, depuis, il a été un opposant constant de l’ancien président. Autre écueil : la défiance d’une partie de la rue, qui rejette le scrutin du 12 décembre et lui reproche de le cautionner en s’y portant candidat.

Si Tebboune [se] présente, cela signifie qu’on est dans un cinquième mandat avec un nouveau nom [à la place de celui de Bouteflika]

À peine avait-il annoncé sa décision, le 26 septembre, que Benflis a pris pour cible son adversaire. « Si Tebboune [se] présente, cela signifie qu’on est dans un cinquième mandat avec un nouveau nom [à la place de celui de Bouteflika], dénonce-t-il. C’est une dénaturation de la prochaine élection présidentielle. »

Pas de quoi inquiéter Abdelmadjid Tebboune, 73 ans. Depuis son fracassant limogeage, en août 2017, après seulement quatre-vingts jours à la tête du gouvernement, il s’était mis en réserve de la République. Pas une déclaration, pas une sortie publique, pas un commentaire sur les manifestations qui, chaque vendredi, rassemblent des centaines de milliers d’Algériens.

Tebboune et l’affaire Chikhi

Aujourd’hui, Tebboune estime que son heure est venue. Le problème, c’est que lui aussi a servi Bouteflika (en tant que ministre, puis en tant que Premier ministre, pendant ses quatre mandats). En outre, son nom a été cité dans le scandale du groupe Khalifa. Enfin Khaled, son fils, a fait de la prison dans le cadre de l’affaire Kamel Chikhi (ce businessman, surnommé El Boucher, avait été incarcéré pour trafic de cocaïne et opérations immobilières frauduleuses). Tebboune invoque une cabale. « J’ai souffert, plaide-t-il. J’ai été personnellement puni, mon fils a été puni. N’est-ce pas suffisant ? »

Ses atouts ? Une certaine proximité avec Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’armée, même si ce dernier répète à l’envi que l’institution militaire n’a pas de candidat et que la présidentielle sera transparente. Détail amusant, son directeur de campagne n’est autre qu’Abdallah Baali, l’ancien ambassadeur ­d’Algérie aux États-Unis, un temps annoncé ambassadeur en France avant que son nom soit rayé des listes.

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