Automobile

En Algérie, bras de fer réglementaire entre Renault Algérie et le gouvernement

André Abboud, directeur de Renault Algérie, et Djamila Tamazirt, ministre de l'Industrie

André Abboud, directeur de Renault Algérie, et Djamila Tamazirt, ministre de l'Industrie © JA

Le conflit entre l’exécutif et le producteur automobile français a tourné à l’ultimatum, depuis que Renault a donné un mois à la ministre de l’Industrie pour relever le plafond de pièces importées qui lui est imposé.

Les beaux jours de Renault semblent toucher à leur fin en Algérie. Jusqu’à présent, le constructeur s’y trouvait en position dominante – avec 53 % de part de marché au premier semestre de 2019 – grâce à son usine de Oued Tlelat, près d’Oran, entrée en exploitation en 2014.

Cette implantation lui permettait non seulement d’écouler sa production locale – plus de 70 000 véhicules en 2018 – mais aussi d’obtenir des quotas d’importation de voitures neuves plus importants que ceux de ses principaux concurrents dans le pays, moins actifs industriellement sur place.

Mais le groupe français, dirigé en Algérie par André Abboud, a indiqué le 2 octobre qu’il devrait arrêter ses lignes de production d’ici au début de novembre si le ministère de l’Industrie, piloté depuis avril par Djamila Tamazirt, ne remettait pas en cause le plafond de 660 millions de dollars de pièces importées imposé au géant automobile et qu’il va prochainement dépasser.

Une situation morose pour l’automobile

Pour faire fonctionner son usine le plus longtemps possible, Renault privilégierait la production des modèles Dacia Sandero et Logan plutôt que la Renault Clio, plus coûteuse, même si ce subterfuge ne devrait repousser le dépassement du plafond que de quelques semaines.

Dans l’intervalle, André Abboud dialogue avec les autorités pour tenter de faire sauter ce verrou ; et fait valoir les 700 salariés directs de l’usine menacés de « congés forcés », le partenariat avec la Société nationale des véhicules industriels (publique), actionnaire à 34 % de l’usine d’Oran, ainsi que son taux d’intégration locale, autour de 13 % de la valeur des véhicules assemblés en Algérie, plus élevé que tous les autres constructeurs ayant une unité d’assemblage dans le pays.

Renault espère également obtenir des quotas d’importation plus importants pour 2020, alors que le marché algérien est en plein marasme depuis 2015. Les ventes se situent autour de 100 000 véhicules neufs par an – chiffre à comparer aux plus de 200 000 écoulés chaque année de 2011 à 2015. Tous les autres projets industriels – au premier rang desquels celui du groupe français PSA – sont gelés en raison de la situation politique et sociale du pays.

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