Politique

RDC : ce qu’il faut savoir d’Albert Yuma Mulimbi, le proche de Kabila à la tête de la Gécamines

Albert Yuma Mulimbi ( Congo - RDC), homme d'affaires, président de la Fédération des entreprises congolaises (FEC), président du Conseil d'administration de la Gecamines,

Albert Yuma Mulimbi ( Congo - RDC), homme d'affaires, président de la Fédération des entreprises congolaises (FEC), président du Conseil d'administration de la Gecamines, © Vincent Fournier/JA

Malgré le départ de Joseph Kabila, dont il est un proche, le patron de la Gécamines, Albert Yuma Mulimbi reste un acteur majeur de l’économie congolaise. Aussi utile qu’encombrant pour Félix Tshisekedi…

1. Katangais 

Il naît en 1955 à Kongolo, dans la province du Tanganyika, issue du démantèlement du Katanga : une région au cœur de l’industrie minière congolaise et dont Joseph Kabila, l’ancien président, est également originaire.

2. « Occidental »

Il a fait une grande partie de sa scolarité en Belgique et se définit comme un « pur produit de l’éducation occidentale ». Titulaire d’une maîtrise en administration et gestion financière de l’Université catholique de Louvain, il est aussi diplômé de l’Université libre de Bruxelles en gestion des entreprises.

3. Business

Sa carrière débute à Kinshasa, en 1983, au sein du groupe textile belge UTEXAfrica. Aujourd’hui, il reste administrateur et actionnaire de Texaf, l’héritier d’UTEX, largement reconverti dans l’immobilier. Il a par ailleurs des projets dans le textile et l’agroalimentaire.

4. Double casquette 

Il préside depuis 2010 le conseil d’administration de la Gécamines, l’entreprise minière publique, et dirige depuis 2005 la Fédération des entreprises du Congo (FEC). C’est à ce titre qu’il a accompagné Félix Tshisekedi à Bruxelles, à la mi-septembre.

5. Soupçon

En 2017, l’ONG Global Witness accuse la Gécamines de mauvaise gestion et de détournement de fonds. Elle signale en particulier la disparition de plusieurs centaines de millions de dollars de recettes publiques sous le mandat de Yuma. L’intéressé, lui, défend son bilan.

6. Recalé

Pressenti au début de 2019 pour le poste de Premier ministre, sur proposition de Joseph Kabila, il a été recalé à l’issue d’un bras de fer entre Félix Tshisekedi et son prédécesseur, qui se sont finalement entendus sur le nom de Sylvestre Ilunga Ilunkamba.

7. Sinophile

Il tient depuis plusieurs années un discours souverainiste et critique les investisseurs occidentaux, qui, selon lui, ne versent pas une part suffisante de leurs revenus et bénéfices aux Congolais. Il se montre en revanche plus conciliant avec les partenaires chinois de la Gécamines et multiplie les déplacements à Pékin.

8. Amitié trouble

Les relations qu’il entretient avec l’homme d’affaires israélien Dan Gertler, actif dans le secteur minier et visé par des sanctions du Trésor des États-Unis, suscitent un certain malaise, y compris chez des cadres de l’ère Kabila (dont Matata Ponyo Mapon, l’ex-Premier ministre).

9. Sous surveillance

Si Tshisekedi l’a reconduit, en juin, à la tête de la Gécamines, il a aussi nommé Sama Lukonde Kyenge directeur général du groupe pour lui faire contrepoids. Le choix de cet ancien ministre des Sports, ancien proche de Moïse Katumbi, a suscité des tensions entre la coalition du président (Cach) et celle de Kabila (FCC).

10. Galaxie

La présence de ce pilier de la galaxie Kabila dans l’entourage de Tshisekedi irrite les proches du président, qui souhaiteraient que ce dernier prenne ses distances. Dans une interview, en septembre, le chef de l’État a néanmoins précisé qu’il était « important pour [lui] de [le] préserver ».

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