Pétrole & Gaz

À Madagascar, le carburant de la discorde

Philippe Nicolet, président du Groupement pétrolier de Madagascar, et Vonjy Andriamanga, ministre malgache des Hydrocarbures

Philippe Nicolet, président du Groupement pétrolier de Madagascar, et Vonjy Andriamanga, ministre malgache des Hydrocarbures © JA

Depuis juin 2019 et la baisse des prix à la pompe décrétée par le gouvernement malgache – une promesse de campagne du président Rajoelina –, rien ne va plus entre l’État et les distributeurs de carburant.

Le Groupement pétrolier de Madagascar (GPM), présidé par Philippe Nicolet, directeur général de Galana (qui rassemble, outre cette filiale du négociant français Rubis, les distributeurs Jovena, Total, et Vivo Energy), est vent debout contre la nouvelle « structure de coûts » applicable au second semestre, transmise il y a un mois par le ministre des Hydrocarbures, Vonjy Andriamaga.

Acheminer le carburant dans toutes les zones de Madagascar nécessite que l’État pour garantisse un prix unique aussi bien dans les zones faciles d’accès que dans les régions reculées

Le GPM a écrit, le 16 septembre, une lettre de protestation au gouvernement, regrettant que celui-ci réduise leurs bénéfices à la portion congrue : « Nous contestons les modalités de calcul des marges qui nous sont concédées, justifiées sur la base d’une étude générique faite par la Banque mondiale, qui ne prend pas en compte notamment les surcoûts logistiques propres à la Grande île. Or, faire venir des volumes relativement modestes de pétrole (moins de 1 million de mètres cubes au total) ne permet pas de réaliser des économies d’échelle, dont bénéficient les grands pays cités en exemple dans cette étude. »

Dernier épisode d’un long contentieux financier

« Par ailleurs, acheminer le carburant dans toutes les zones de Madagascar nécessite un système de péréquation piloté par l’État pour garantir un prix unique aussi bien dans les zones à fort volume et faciles d’accès que dans les régions reculées, où un appui financier complémentaire est crucial », fait valoir Mamy Boarlaza, le directeur général de la raffinerie et du terminal pétrolier de Galana, selon qui les règles du jeu doivent être mieux définies.

Les représentants du GPM et du gouvernement ont repris les négociations, mais elles sont polluées par le dossier des arriérés de paiement de la compagnie électrique Jirama. Pour le moment, seule Jovena, filiale du groupe Axian du tycoon local Hassanein Hiridjee, a obtenu, mi-août, un remboursement de 26,3 millions d’euros, tandis que les autres distributeurs auprès desquels la Jirama est aussi endettée n’ont, eux, rien reçu. Ce qui alimente les dissensions au sein du GPM.

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