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Côte d’Ivoire : les bons comptes de la Lonaci

La Lonaci mise sur 175 milliards de F CFA de revenus cette année. Ici son siège, à Abidjan.

La Lonaci mise sur 175 milliards de F CFA de revenus cette année. Ici son siège, à Abidjan. © Olivier pour JA

L’entreprise publique, qui a élargi sa palette d’offres, notamment dans le loto, et accru son parc de terminaux, est en passe de doubler son chiffre d’affaires.

Pour Dramane Coulibaly, la seconde moitié de l’année ne pouvait s’annoncer sous de meilleurs auspices. À la fin d’août, le DG de la Loterie nationale de Côte d’Ivoire (Lonaci) a présenté un bilan de mi-parcours supérieur aux attentes.

L’entreprise, détenue à 80 % par l’État, affichait un chiffre d’affaires de 125 milliards de F CFA (191 millions d’euros), soit un tiers de plus que les revenus engrangés au cours de l’année dernière. Pour cette année, elle prévoit 176 milliards de F CFA de revenus, contre 105 milliards initialement.

Pour le manager, qui fête ses deux ans aux commandes de l’entreprise, cette percée consacre la pertinence du plan de développement stratégique qu’il met en œuvre et la diversification de l’offre entamée en 2016.

La riposte gagnante contre les loteries informelles

Longtemps dépendante des courses du Pari mutuel urbain français (PMU), qui représentait plus de 90 % de son chiffre d’affaires et exposait ainsi la rentabilité de l’entreprise aux aléas de la météo dans l’Hexagone, la Lonaci s’est repositionnée sur le créneau du « loto bonheur ».

Un choix nullement dû au hasard. En effet, alors que la Lonaci dispose du monopole des jeux de hasard dans le pays, la loterie informelle (appelée couramment « loterie du Ghana ») est très organisée dans les quartiers d’Abidjan et dans les villes proches de la frontière, avec environ 20 à 30 milliards de F CFA de recettes échappant à l’institution. En réponse, la Lonaci a investi en force le secteur du loto, avec son partenaire français Editec, spécialiste des jeux de hasard.

Le parc de distributeurs automatiques de tickets de grattage et de prise de paris a été renforcé. L’entreprise, basée à Londres et à Paris, a fourni environ 3 000 terminaux à la Lonaci, qui prévoit d’en exploiter 5 000 à la fin de 2020. Des investissements d’environ 5 milliards de F CFA ont été engagés dans l’acquisition des terminaux afin de repositionner la Lonaci sur ce segment du marché qui subissait une forte concurrence.

Un positionnement sur toutes les gammes de jeux

Le partenariat avec Editec a permis de repositionner le « loto du bonheur », qui représente aujourd’hui 48 % des revenus de la Lonaci, tandis que le PMU a reculé pour se stabiliser à 27 %, contre 18 % pour les paris sportifs. La part des jeux virtuels et des produits de grattage reste faible, avec une contribution de 7 %.

La société a aussi introduit d’autres changements, comme la multiplication des tirages quotidiens et la possibilité de réaliser des mises de plus en plus simples, alors que l’un des griefs des parieurs portait sur le coût plus élevé du loto ivoirien par rapport à l’offre informelle.

La prochaine étape consistera en la digitalisation de tous nos produits

La Lonaci, qui a obtenu l’appui du gouvernement pour réprimer les jeux clandestins, mise néanmoins sur la conversion des acteurs de l’informel, en proposant une meilleure rémunération.

L’entreprise a toutefois engagé des procédures auprès du régulateur des télécoms pour lutter contre les paris en ligne pris illicitement et contre les propriétaires de machines à sous. « Il nous fallait franchir une étape. Nous devions nous conformer aux mutations en cours dans les jeux de hasard. C’est ce que nous avons amorcé. La prochaine étape consistera en la digitalisation de tous nos produits », confie Dramane Coulibaly.

La bonne santé de la Lonaci n’est pas pour déplaire à l’État, qui, en plus des dividendes versés – 493 millions de F CFA en 2017 – perçoit aussi une redevance de 10 % sur le chiffre d’affaires brut de l’entreprise.

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