Politique

Algérie – Zoubida Assoul : « Bouteflika est parti, mais sa feuille de route est toujours appliquée »

Zoubida Assoul dans son bureau, à Alger.

Zoubida Assoul dans son bureau, à Alger. © RYAD KRAMDI POUR JA

Depuis qu’elle doit jongler entre son parti, les marches du vendredi et son activité professionnelle, Zoubida Assoul, présidente du parti l’Union pour le changement et le progrès (UCP), n’a plus une minute à elle. L'avocate a accepté, pour JA, le temps d’une interview, de mettre ses appels en attente.

Zoubida Assoul livre sa vision d’un mouvement populaire qui doit déboucher sur une réforme constitutionnelle. Selon elle, sans un rééquilibrage des pouvoirs qui permettrait de contrôler l’action du futur président, point de salut pour le pays.

Jeune Afrique : Presque six mois se sont écoulés depuis la démission d’Abdelaziz Bouteflika. L’Algérie a-t-elle profondément changé depuis ?

Zoubida Assoul : Le premier changement significatif, c’est que le peuple s’est réapproprié l’espace public, la liberté d’expression, le débat politique, dont il était privé depuis des décennies. Ensuite, c’est la première fois depuis l’indépendance que le peuple sort aussi massivement pour des revendications éminemment politiques, et qu’il demande d’une seule voix la rupture avec le système de gouvernance opaque et corrompu qui a exclu toute compétence.

C’est une révolution pacifique inédite. Le peuple a non seulement démontré son intérêt pour la chose publique mais aussi sa maturité politique. Les Algériens ont tiré les enseignements des printemps arabes et de tout ce qui se passe dans l’environnement maghrébin et oriental. C’est aussi une révolution de l’esprit et de l’espoir pour une nouvelle Algérie.

Les arrestations de manifestants se poursuivent, les incarcérations aussi. Comme sous Abdelaziz Bouteflika. Le système est-il toujours en place ?

Absolument. Abdelaziz Bouteflika est parti, mais sa feuille de route est toujours appliquée. Le système est toujours là, avec son logiciel de répression, de déni de vérité et d’instrumentalisation de la justice. Je fais partie d’un collectif d’avocats qui défendent les jeunes incarcérés pour avoir manifesté ou porté un étendard amazigh.

Cet article est réservé aux abonnés

Déjà abonné ?

Accédez en illimité à Jeune Afrique Digital
Accès à tout le site web - 2 applis - 1 édition digitale - 2 newsletters

(sans engagement, résiliez à tout moment)

(payez en une fois et profitez de 2 mois offerts !)

1 minute suffit pour vous abonner à Jeune Afrique Digital !

  • + d'analyses
  • + d'informations exclusives
  • + de débats
  • + d'historique (2 ans d'archives)
  • + d'avant-première (accès 24h avant la publication)
  • + de formats (site web, 2 applis, 1 magazine digital, 2 newsletters)

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte