Diplomatie

Crise anglophone au Cameroun : l’autre dialogue qui se joue en Suisse

Un soldat du Bataillon d'intervention rapide (BIR), à) Buea, dans le Cameroun anglophone, en octobre 2018.

Un soldat du Bataillon d'intervention rapide (BIR), à) Buea, dans le Cameroun anglophone, en octobre 2018. © REUTERS/Zohra Bensemra

Alors que tous les regards se tournent vers Yaoundé, où se tient depuis lundi le dialogue national initié par Paul Biya pour sortir de la crise anglophone, une autre médiation se joue en toute discrétion à Montreux, en Suisse, à l’initiative du Centre pour le dialogue humanitaire (HD).

Alors que vient de s’ouvrir le Grand dialogue national à Yaoundé, la médiation qui se joue en Suisse, à l’initiative du Centre pour le dialogue humanitaire (HD), a remporté un premier succès de taille, le 22 septembre, avec la constitution de l’Ambazonia Coalition Team (ACT), une plateforme qui regroupe dix organisations sécessionnistes ambazoniennes.

Objectif : favoriser des pourparlers de paix entre ces organisations – qui ont décliné l’invitation de Yaoundé à participer au Grand dialogue national – et les autorités camerounaises. Mais le chemin est encore long.

Les séparatistes, toujours divisés

Du côté gouvernemental, Ferdinand Ngoh Ngoh, le secrétaire général de la présidence, gère le dossier. Et, selon nos sources, Yaoundé a déjà choisi un représentant. Pour leur part, les séparatistes restent divisés, même au sein de l’ACT, qui n’a pour le moment ni chef ni porte-parole.

Le gouvernement intérimaire, que dirige Samuel Ikome Sako depuis l’arrestation de Julius Sisiku Ayuk Tabe, peine à y imposer son autorité, tandis que l’Ambazonia Governing Council d’Ayaba Cho Lucas, non-signataire, s’oppose officiellement à lui.

Vers un cessez-le-feu ?

De concert avec la diplomatie helvétique, HD espère néanmoins franchir d’autres étapes d’ici à la fin de l’année et définir les modalités (lieu, date, participants) d’une première rencontre entre les protagonistes de la crise anglophone. En (lointaine) ligne de mire : un accord sur l’aide humanitaire et un cessez-le-feu.

Alexandre Liebeskind, le directeur Afrique francophone de HD, en a discuté à la fin de septembre à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, avec des diplomates français, britanniques, américains et canadiens, ainsi qu’avec des représentants de l’ONU et de l’Union africaine (UA). La Belgique, plusieurs pays nordiques, l’OIF et le Commonwealth se sont aussi tenus informés.

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