Automobile

Vague d’investissements d’équipementiers automobiles au Maroc

L’usine de jantes du chinois Citic Dicastal, dans la zone franche de Kenitra, le 27 juin.

L’usine de jantes du chinois Citic Dicastal, dans la zone franche de Kenitra, le 27 juin. © Chen Binjie/XINHUA/MAXPPP

L’arrivée de l’usine Peugeot à Kenitra a entraîné une vague d’investissements d’équipementiers automobiles, notamment chinois, dans le royaume.

Un symbole à lui seul : l’investissement massif – 350 millions d’euros – du groupe chinois Citic Dicastal dans une usine de jantes inaugurée, à la fin de juin, à Kenitra, témoigne du dynamisme de l’automobile au Maroc et de l’irruption des équipementiers de l’empire du Milieu dans ce pays.

Depuis deux ans, d’autres opérateurs comme Aetocar, Regal, Nanjing Xiezhong ou encore le sino-américain Nexteer y ont ouvert des usines. C’est là l’effet de l’implantation de Peugeot et des liens que l’entreprise française entretient avec la Chine, à travers son actionnaire Dongfeng.

Un tissu industriel sans équivalent sur le continent

Qu’ils viennent d’Europe, des États-Unis, du Japon ou désormais de Chine, les investissements n’ont jamais fléchi depuis le début de la décennie et l’ouverture de l’usine géante de Renault à Tanger, en 2012. Le site Peugeot de Kenitra donne toutefois un nouvel élan au secteur, que ce soit en rang 1, 2 ou 3.

« Notre industrie, ce sont plus de 150 entreprises, 160 000 emplois, et près de 10 milliards d’euros d’exportations… et de belles perspectives de croissance, notamment grâce à la politique public-privé des écosystèmes industriels », se réjouit Rachid Machou, vice-président de l’Amica – la fédération du secteur – et directeur général d’Antolin Maroc. Organisé par l’Amica et parrainé par Renault et Peugeot, le 6e Salon de la sous-traitance automobile (du 25 au 27 septembre) en témoigne. Il vient de faire le plein avec plus de 220 exposants, en particulier dans les services support (maintenance, etc.).

En tout cas, le tissu industriel s’affiche déjà sans équivalent sur le continent, Afrique du Sud exceptée, en raison des taux d’intégration visés par les deux constructeurs dans le cadre de leurs relations contractuelles avec l’État : 65 % à l’horizon 2023 pour Renault et 80 % pour Peugeot (60 % actuellement).

Le royaume plébiscité pour sa politique libérale

Du côté de Peugeot, une soixantaine d’équipementiers travaillent pour la première usine intégrée du groupe en Afrique. La moitié est arrivée pour accompagner le constructeur, notamment à Kenitra, qui, après Tanger et Casablanca, est le troisième pôle automobile du pays. C’est le cas du groupe familial italien Proma.

Venu de Naples, il vient d’injecter 30 millions d’euros dans un site d’emboutissage inauguré à la mi-septembre. « Nous possédons déjà Promaghreb, une usine qui travaille pour Renault, mais Peugeot nous a incités à réinvestir. Le site de Kenitra travaille à 80 % pour Peugeot, mais nous comptons développer l’export avec une cible de 23 millions d’euros par an », explique Luigi Montella, directeur de Proma Maroc.

En dépit d’un SMIC presque deux fois plus élevé qu’en Tunisie et d’un foncier assez coûteux, les industriels plébiscitent le Maroc pour sa politique libérale (le pays n’impose pas de capitaux locaux), pour ses aides publiques (jusqu’à 10 % des projets), mais surtout pour son volume de production.

Avec l’usine PSA plus celles de Renault à Tanger et à Casablanca (Renault Somaca, en voie de doublement), le royaume devrait produire plus de 700 000 véhicules par an à l’horizon 2022 – dont 90 % pour l’export – et ainsi devenir le numéro 1 sur le continent, devant l’Afrique du Sud (610 854 véhicules en 2018).

Transformer l’essai et dépasser le cap du million de véhicules

À cela s’ajoute le marché des usines automobiles européennes, directement reliées par la route grâce à un ferry traversant le détroit de Gibraltar (près de 300 000 semi-remorques par an). Le logisticien français Gefco l’a bien perçu, prenant au début de 2018 le contrôle de GLT, le leader espagnol des traversées du détroit.

Valeo, Yazaki, Denso (Toyota), Faurecia, Saint-Gobain, Asahi Glass, Lear, c’est au Maroc que se presse désormais le gotha mondial des équipementiers, de même que celui des ingénieristes, comme le français Altran, et bientôt, peut-être, l’allemand Bertrandt. Reste au Maroc et à son bouillant ministre de l’Industrie, Hafid Elalamy, à transformer l’essai en attirant un troisième constructeur. En espérant – qui sait – dépasser le cap du million de ­véhicules.

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte