Dossier

Cet article est issu du dossier «Nigeria : la relance ou le chaos»

Voir tout le sommaire
Transports

Nigeria : de grands projets pour booster la croissance

Le coût de la raffinerie Dangote, en construction à Ibeju Lekki, près de Lagos, au Nigeria, est évalué à 14 milliards de dollars environ.

Le coût de la raffinerie Dangote, en construction à Ibeju Lekki, près de Lagos, au Nigeria, est évalué à 14 milliards de dollars environ. © Tom Saater/Bloomberg via Getty Images

Le Nigeria multiplie les projets d’infrastructures, des routes aux voies ferrées en passant par les raffineries. Abuja répond ainsi à des demandes parfois négligées pendant des années.

Négligée par les gouvernements précédents, en dépit des appels de communautés marginalisées du sud-est du Nigeria, la construction du deuxième pont sur le Niger à Onitsha a finalement été incluse aux budgets nationaux de 2018 et 2019. Cette ville accueille un marché en plein air, réputé pour être le plus important d’Afrique de l’Ouest.

Le projet est supervisé par le ministère fédéral de l’Énergie, des Travaux publics et du Logement, en collaboration avec la Nigerian Sovereign Investment Authority. Ces derniers ont attribué le contrat au constructeur allemand Julius Berger, présent depuis 1970 au Nigeria.

Nouvelle connexion pour le sud-est

Ce pont, dont le coût dépasse les 550 millions de dollars, devrait être terminé en 2020. Il ouvrira de nouvelles voies dans la région et le delta voisin et réduira les tensions sur le pont mis en service depuis décembre 1965.

Les travaux comprennent la construction d’un ouvrage de 1,6 km de long, d’une autoroute de 10,3 km ainsi que d’un échangeur et d’un poste de péage. L’infrastructure profitera à l’économie du sud-est du pays mais devrait aussi faciliter les échanges avec le Gabon, la Guinée équatoriale et le Cameroun.

Lekki, la promesse de Dangote

Commencée en 2017, la construction de la raffinerie de Lekki, près de Lagos, la plus grande d’Afrique (650 000 barils par jour) a pris du retard. Aliko Dangote annonce au moins une année de retard pour une fin de chantier prévue probablement en 2021.

Une fois opérationnelle, l’usine devrait permettre d’augmenter la capacité de raffinage du Nigeria, mais aussi de répondre à la demande croissante de carburant, tout en créant 30 000 emplois. L’État fédéral devrait aussi en sortir gagnant et faire d’importantes économies en évitant d’exporter du pétrole brut pour ensuite importer des produits finis. Une bonne nouvelle et un allègement en perspective pour le géant pétrolier dont les fonds souverains voient leurs recettes s’épuiser rapidement.

Lagos à toute vapeur

Lancée en 2012 pour un coût de 1,5 milliard de dollars, la construction de la ligne ferroviaire de 156 km entre Lagos et Ibadan aurait dû être terminée il y a trois ans. Chargée du projet, China Civil Engineering Construction Corporation a notamment attribué ce retard à l’augmentation de l’insécurité dans le pays.

Le ministre des Transports, Rotimi Amaechi, espère un début d’exploitation commerciale d’ici à novembre ou décembre, même s’il a regretté que le rythme des travaux ait encore ralenti ces derniers mois. L’entreprise chinoise s’est en effet plainte de ne pas être payée.

La ligne de chemin de fer doit permettre de décongestionner les routes de Lagos, en reliant Agapa, le port de la ville. La réalisation de cette infrastructure est un test important pour le gouvernement Buhari, qui prévoit d’autres grands projets ferroviaires, par exemple entre Lagos et Calabar.

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte