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Cet article est issu du dossier «RDC : Félix Tshisekedi est-il l'artisan d'un vrai « New Deal » ?»

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Économie

RDC : quand l’électricité attire les entrepreneurs congolais

Les complexes hydroélectriques Inga 1 (à l’arrière-plan) et Inga 2 sur le fleuve Congo.

Les complexes hydroélectriques Inga 1 (à l’arrière-plan) et Inga 2 sur le fleuve Congo. © MARC JOURDIER/AFP

Barrages, centrales, parcs solaires… De la production à la distribution, l’électricité est l’un des secteurs qui mobilisent le plus les investisseurs.

Une douzaine de jeunes entrepreneurs congolais ont engagé des projets de construction de barrages et de centrales à travers la RD Congo. Ils n’ont pas attendu un « sauveur » étranger, tel que l’ancien président américain Barack Obama, le rappeur américain d’origine sénégalaise Akon ou l’ancien ministre français Jean-Louis Borloo, qui œuvrent tous trois à l’électrification du continent.

Le projet le plus ambitieux est porté par Yves Kabongo. Cet ancien du groupe Bombardier et de la Banque nationale du Canada dirige Great Lake Energy, qui prévoit la construction, sur le site de Kuidi, à une douzaine de kilomètres en aval du centre-ville de Kinshasa, d’une centrale d’une puissance de 900 mégawatts (MW) sur le fleuve Congo, pour un coût estimé à 2,7 milliards de dollars.

Déficit d’énergie

Kipay Investments, la société d’Éric Monga, économiste et président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) dans l’ex-province du Katanga, édifie quant à elle un barrage et une centrale d’une capacité de 150 MW sur la rivière Lufira, à Sombwe (Sud-Est). Cet ouvrage coûterait un peu moins de 1 milliard de dollars.

De son côté, John Kanyoni, juriste de formation et nouveau capitaine d’industrie ayant investi dans les secteurs minier, énergétique et agropastoral dans l’est du pays, a engagé un programme pour la réalisation de trois complexes hydroélectriques à Dikolongo-Kamatanga, à Kawa et à Kambudji, dans l’ex-Katanga.

Son déficit d’énergie est reproché de manière récurrente à la RD Congo

Coût de la construction : 275 millions de dollars environ. Au total, les trois ouvrages produiront près de 70 MWh. « Son déficit d’énergie est reproché de manière récurrente à la RD Congo. Il l’empêche d’exploiter comme elle le devrait ses immenses ressources minières. Nous nous sommes résolus à relever le défi, en profitant de la loi de 2014 sur la libéralisation du secteur de l’énergie », explique John Kanyoni, le directeur général de Tembo Power.

Cascade d’initiatives

Les sociétés minières, ciblées prioritairement par ces initiatives, ont besoin au total de quelque 700 MW supplémentaires pour leurs activités. Mais les foyers des particuliers en profiteront aussi, dans ce pays où moins de 15 % de la population a accès à l’électricité. Malgré un climat général pesant et peu propice à l’afflux d’investissements étrangers, les chantiers de ces infrastructures doivent tous démarrer entre la fin de cette année et le milieu de la suivante, si les montages financiers et les derniers tours de table sont bouclés dans les délais.

Cette cascade d’initiatives dans le secteur de l’énergie concerne presque toutes les provinces du pays et vient en appoint du Grand Inga, un projet pharaonique qui vise à étendre le barrage hydroélectrique d’Inga, en service depuis 1972 dans le Kongo-Central, en vue de produire de l’électricité destinée en partie à l’exportation. La capacité optimale de ce futur mégabarrage est estimée à 12 000 MW.

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